« L’ENTREPRISE PRIVEE EST AU CŒUR DU PROCESSUS DE DEVELOPPEMENT » Imprimer
Écrit par La rédaction   
Jeudi, 07 Octobre 2004 01:00

Ce n’est pas un (ultra) libéral qui parle, mais tout simplement le rapport annuel de la Banque Mondiale sur le développement, présenté à Washington à l’occasion de son assemblée annuelle.

Un rapport à ne pas mettre entre toutes les mains et en particulier dans celles des altermondialistes. Car ce rapport ne fait que dire la vérité, que nous n’avons cessé de proclamer ici même : c’est du secteur privé que vient le développement. C’est une évidence pour les économistes ; cela semble l’être devenu pour les experts de la Banque Mondiale, qui nous avaient habitués à un autre langage, et l’on ne peut que se féliciter de cette conversion, soulignée par Jean-Pierre ROBIN dans le Figaro.

On lit donc dans ce rapport annuel que « l’entreprise privée est au cœur du processus de développement. Mues par la recherche du profit, les entreprises, depuis les agriculteurs et les micro entreprises jusqu’aux multinationales investissent dans de nouvelles idées et de nouvelles installations qui renforcent les fondements de la croissance économique. Elles fournissent plus de 90% des emplois. ».

Le directeur du rapport, Warrick SMITH, insiste : « Améliorer le climat de l’investissement peut apporter des résultats bien supérieurs aux flux de l’aide au développement ». D’ailleurs, lorsque les aides publiques ont commencé à stagner, dans le milieu des années 80, c’est là que les industries ont décollé en Corée du sud, en Chine ou en Inde. Désormais, la « valeur ajoutée du secteur manufacturé d’un seul pays peut dépasser de loin la totalité de l’aide publique mondiale au développement ».

Voilà un pavé dans le jardin de Jacques CHIRAC, puisque le rapport insiste sur le fait que bien mieux qu’un impôt mondial sur les transactions financières ou les ventes d’armes, ce qui compte c’est l’environnement plus ou moins favorable à l’esprit d’entreprise qui « est essentiel pour promouvoir la croissance et faire reculer la pauvreté ». L’ouverture de la Chine et le seul secteur privé ont permis, avec une croissance de 8% par an, de faire passer de 67% à 17% le nombre de personnes vivant avec moins de un dollar par jour. Pour les autres pays, c’est le même constat : partout où l’on a eu recours aux échanges et au libre marché, la pauvreté a reculé.

Mieux encore, rappelle Jean-Pierre ROBIN, « C’est l’ensemble du paysage réglementaire de chaque pays qui est en cause et la façon dont il est appliqué : la sécurité des contrats, la confiance dans les tribunaux, le respect des droits de propriété sont décisifs. Ces facteurs immatériels de la confiance varient considérablement selon les pays. Alors que deux jours suffisent pour immatriculer une entreprise en Australie, il en faut plus de deux cents en Haïti. Le rapport souligne aussi l’importance de la concurrence et stigmatise les protections des entreprises en place et le clientélisme qui bride les initiatives de nouveaux entrepreneurs ».

Saluons la conversion de la Banque mondiale au libre marché et espérons-là durable. Les pays pauvres ne pourront qu’en bénéficier, s’ils appliquent cette leçon. C’est la liberté qui est le principal facteur de développement. Et c’est d’avoir appliqué le contraire sous l’influence d’organismes (comme la Banque Mondiale ou le FMI) que l’Afrique se meurt aujourd’hui, et que se traînent bien des pays d’Amérique Latine.