THERAPIE « ULTRALIBERALE » EN GEORGIE Imprimer
Écrit par La rédaction   
Jeudi, 30 Septembre 2004 01:00

C’est le Figaro-Economie qui emploie cette expression, sans doute un peu exagérée, mais il est vrai qu’il se passe quelque chose en Géorgie.

On se souvient qu’un gouvernement réformateur avait été porté au pouvoir après une décennie de misère, de corruption et de néo-soviétisme avec CHEVARDNAZE, sous la direction du Président Mikhaïl SAAKACHVILI, à la suite de la révolution de la rose, à l’automne 2003. Or il se trouve que le ministre de l’économie, en poste depuis juin, Kakha BENDOUKIDZE souhaite mener une politique libérale en rupture avec le passé.

Première réflexion sympathique : il assure qu’il quittera son poste avant le 1er juillet 2007, car à ce moment-là « les réformes seront si avancées que le pays n’aura plus besoin d’un ministère du développement économique ». Ensuite, il s’est employé à éliminer quantité de réglementations, il est vrai fort nombreuses, tandis que « les inspecteurs trop zélés sont congédiés, les impôts réduits à des niveaux encore jamais vu et avec la privatisation de la majorité des biens d’Etat ».

C’est ainsi que les investisseurs pourront acheter aussi bien « une salle de sports, une clinique de proctologie, que l’aéroport international de la capitale TBILISSI ». On va vendre aux enchères l’Hôtel de la monnaie et la salle de concert nationale. Mais pas question, comme dans certains pays, de vendre aux amis et à l’ancienne nomenklatura. Aucune « propriété publique ne sera vendue à bas prix à des investisseurs privilégiés, assure-t-il : celui qui paie le plus gagnera ».

Son credo, selon un entretien avec l’AFP : «  Nous avons un pays très pauvre qui veut parvenir à une croissance économique durable très rapidement. On peut seulement y arriver à travers la libéralisation de l’économie. Il faut que ce soit plus facile de faire des affaires en Géorgie que dans les autres pays, de manière à ce que les inconvénients que vous pouvez rencontrer soient compensés par moins de bureaucratie, des petits impôts, un système judiciaire transparent ».

En particulier le système fiscal sera simplifié et allégé. Au lieu des 23 taxes actuelles, il n’y en aura plus que 8 et le niveau d’imposition des revenus va être réduit : l’impôt sur le revenu passera de 20% -ce qui est déjà faible- à 12% et « les conflits seront soumis à un arbitrage indépendant pour protéger les contribuables des abus des inspecteurs » affirme le ministre.

L’objectif est de faire de la Géorgie, d’ici trois ans, l’économie la plus libérale d’Europe. Pour l’instant, on n’en est qu’au stade des promesses et du début des réformes. Et le pays revient de très loin en matière d’interventionnisme, de corruption et de pauvreté. Tout est à faire. Les infrastructures sont délabrées et les coupures de courant encore fréquentes, sans parler du conflit armé récent, entretenu par la Russie, en Ossétie du sud. Et l’Ossétie du nord, où s’est produit le drame de la prise d’otage des enfants, n’est pas loin, de même que la Tchétchénie. Cela fait beaucoup de handicaps. Mais il faut bien le dire, au moins au niveau des déclarations d’intentions : nous préférons l’évolution actuelle de la Géorgie à celle de la Russie, qui s’enfonce peu à peu dans le retour à la dictature néo-soviétique, qui renoue avec le tsarisme au point de menacer… la Géorgie.