LIBERALISME

D'une manière générale, le libéralisme reconnaît la primauté de l'homme sur la société et garantit les libertés individuelles contre tous les pouvoirs. Cette doctrine ne pouvait manquer d'avoir des prolongements économiques essentiels : le libéralisme économique va lui aussi mettre la liberté des comportements humains au-dessus de toute autre considération.

Le libéralisme économique repose d'abord sur la liberté, et en particulier sur la liberté des agents économiques (ménages et entreprises) qui doivent pouvoir prendre les décisions de leur choix, par exemple procéder aux échanges économiques qu'ils souhaitent avoir. Cette liberté des comportements individuels s'exerce dans le cadre d'institutions, en particulier le marché, qui réalisent les arbitrages nécessaires.
Dans ces conditions, la recherche par chacun d'une situation optimale (maximum de satisfaction, moindre effort) va conduire à une situation générale efficace, à condition que chacun respecte la "règle du jeu". C'est ici qu'intervient l'autre composante fonda mentale du libéralisme, la responsabilité : les agents économiques ne sont libres de leurs actes que s'ils acceptent de subir la responsabilité de ceux-ci et leurs conséquences, y compris, par exemple, sur leurs patrimoines.
Ce système a souvent été présenté comme relativement primitif et, donc, comme proche de l'anarchie originelle (la loi du plus fort, la loi de la jungle). Il s'agit là d'un contresens fondamental. D'une part, le libéralisme est la marque de sociétés avancées et évoluées, ne serait-ce que parce qu'il exige la responsabilité de chacun. Ce sont au contraire les sociétés planifiées qui sont proches de l'état primitif, puisqu'une autorité centrale doit dicter à chacun son comportement, se substituant aux libres choix individuels. D'autre part, le libéralisme est tout le contraire de l'anarchie, puisqu'il repose sur des procédures hautement sociales et élaborées, comme le marché, qui excluent les relations reposant sur la force.

Dans un système libéral, l'usage de la force est réservé à l'Etat pour régler les problèmes qui ne peuvent être négociés (ordre public). Mais l'Etat renonce à se substituer aux agents économiques ou à brimer leur activité. Il n'en demeure pas moins de nombreuses ambiguïtés autour du mot "libéralisme". Par exemple il n'y a rien de commun entre le libéralisme tel que nous l'avons défini et le "libéralisme philosophique", doctrine suivant laquelle toutes les vérités sont relatives, et toute pensée scientifiquement acceptable. C'est cette confusion qui a valu au libéralisme beaucoup d'hostilités (à commencer par celle de l'Eglise catholique).

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