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Boulin , le noyé ressuscité PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 15 Septembre 2015 00:00

L’affaire Boulin rebondit : l’indépendance de la justice française en cause

 

 

Après 36 ans, la justice française va-t-elle enfin affirmer son indépendance à l’égard de la classe politique ?

Il n’y a jamais eu de mystère autour de la mort de Robert Boulin en 1979. Il ne s’est pas suicidé, il a été liquidé par une police politique que la plupart des commentateurs identifient comme le Service d’Action Civile (SAC). Difficile de se noyer dans les 40 centimètres d’un étang, difficile d’attribuer les nombreux hématomes sur le visage à la chute dans l’eau, difficile de prêter des intentions suicidaires à un homme qui allait dénoncer quelques scandales politico-financiers du RPR. Maintenant l’affaire rebondit à la suite du témoignage d’un homme qui a vu Robert Boulin dans sa voiture quelques heures avant sa mort encadré par deux personnes, dont l’une conduisait et l’autre l’escortait. Voilà le parquet de Versailles décidé à relancer 36 ans plus tard, jeudi dernier, une enquête sur l’affaire Boulin.

Le vrai mystère Boulin tient à trois questions restées sans réponse :

1° Est-il normal qu’on tolère ouvertement l’existence de polices politiques ?

2° Est-il normal que les crimes politiques soient courants et impunis ?

3° Est-il normal que la justice soit « aux ordres » ?

L’existence du SAC et de ses « interventions » est connue depuis cinquante ans. Au prétexte de prolonger une épuration inventée pour punir ceux qui avaient trahi la résistance, les services secrets mis en place avant 1944 ont survécu, en parallèle de la police officielle. Les liens avec le personnel politique gaulliste ont toujours été étroits. Pendant les dernières années de la guerre d’Algérie les « barbouzes » du SAC ont multiplié les exactions, exécutant les basses œuvres que le pouvoir en place ne pouvait pas assumer ouvertement. Jacques Foccart et ses hommes ont été mis en cause dans de nombreuses enquêtes, plusieurs livres et articles ont relaté leurs hauts faits. Où en est-on aujourd’hui ?

Il semble en réalité que le crime soit entré dans les mœurs politiques françaises. Le nombre de suicides demeurés inexpliqués est assez impressionnant. Pour mémoire rappelons le suicide de Pierre Beregovoy, de François de Grossouvre, de René Lucet, de Georges Figon, de l’assassinat de Yann Piat, députée Front National de Hyères. Il est à noter que ces mœurs sont banales au point d’expédier les enquêtes et de conclure à l’accident ou au suicide.
Mais le vrai scandale est sans doute ailleurs : comment des policiers et des magistrats peuvent-ils couvrir de tels agissements ?

Dans l’affaire Boulin, les premières constations par la police sont contradictoires et certains éléments de l’affaire vont disparaître. L’enquête, menée sous l’autorité du procureur de Versailles va traîner en longueur, pendant quelque huit ans la confusion est générale. La famille Boulin va porter plainte en 1988 pour « destruction de preuves ». En 1991 une ordonnance de non-lieu est rendue par un juge d’instruction en possession du dossier depuis neuf jours. En 1992 l’ordonnance est confirmée par la Cour d’appel de Paris, puis par la Cour de Cassation. Le procureur général de la Cour d’Appel de Paris refuse de rouvrir l’enquête en 2007, puis à nouveau en 2010. C’est donc la semaine dernière que le Parquet de Versailles a ressuscité l’affaire Boulin, ouvert une information judiciaire pour « arrestation, enlèvement et séquestration suivi de mort ou assassinat ». Evidemment cette chronologie laisse planer quelque suspicion sur la justice, mais n’est-il pas habituel de ne point insister en faisant prudemment la remarque que « l’on doit la justice poursuivre son œuvre » ?

La prudence nous interdit donc tout amalgame avec  le non-lieu concernant le financement par l’UMP de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012. Les poursuites concernant plusieurs barons du PS ont été elles aussi abandonnées, ou suspendues.

Comment en serait-il autrement dans un pays où les magistrats voient leurs carrières dépendre du Conseil de la Magistrature, lui-même entre les mains de l’exécutif ? Une justice digne de ce nom doit être indépendante, et les juges doivent être sélectionnés autrement que par une Ecole Nationale de la Magistrature politisée. Nous déplorons souvent ici la dérive vers un « capitalisme de connivence ». On peut parler, en parallèle mais aussi en relation, d’une dérive vers une « justice de connivence ».

 
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