Commandez

Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Le chômage est un scandale doublement public. D’une part, il n’a pour origines que des initiatives publiques : politiques budgétaires, monétaires, droit social. D’autre part, il est scandaleux d’avoir tant de chômeurs alors que la science économique donne une réponse claire au défi du chômage . « On a tout essayé contre le chô-mage » disent les gouvernants. Tout, sauf ce qui marche… En 1996 déjà un colloque tenu à Paris par des économistes de renom mondial rappelait cette évidence.

109 pages, gratuit

Bulletin de commande

Portait

La modernité de Bastiat

Les tout derniers développements de la science économique se trouvent entières dans l’œuvre de Bastiat : il a été précurseur de l’école du « public choice » (Buchanan), de l’analyse des institutions (Hayek), de la théorie des droits de propriété (Alchian, Demsetz).

Lire la suite...
liberté | responsabilité, Developpement Omnis Coloris
Les banques européennes en péril ? PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 12 Avril 2016 00:00

Le grand débat à la mode est celui des taux d’intérêt négatif. Les uns sont pour, les autres sont contre. Mais derrière ce débat se profile la question des risques que prennent les banques dans leur gestion, qui peuvent nuire aux épargnants, aux déposants, aux actionnaires mais aussi à l’ensemble de l’économie : la crise de 2008 n’a-t-elle pas été d’abord une crise bancaire ? L’Union Européenne se fait un devoir de veiller à la « stabilisation financière ». Elle vient d’accepter le principe d’un nouveau plan comptable. Est-ce justifié ? A trop en faire, elle n’arrange pas les choses.

 

 

Taux négatifs : les mensonges qui courent

Toujours pionniers dans les débats économiques, nous avons consacré plusieurs articles aux taux d’intérêt négatifs et, dans la dernière Lettre, nous avons repris le message (devenu hélas posthume) de Michel Leter : « En dernière analyse, il faut donc considérer les taux négatifs comme un impôt généralisé non voté qui ne dit pas son nom. ». La vérité c’est que les taux négatifs ont été mis artificiellement en place pour mettre la monnaie au service des Etats et alléger la charge de leur dette. Le mensonge, cent fois répété ces jours-ci consiste à justifier les taux négatifs par des arguments plus fallacieux les uns que les autres :

- Mettre les économies européennes en conjoncture inflationniste ; mais depuis quand l’inflation profite-t-elle à l’économie alors qu’elle la ruine ?

- Relancer la croissance par une politique d’argent à bon marché ; mais cette politique appliquée par le G 20 pour résorber la crise de 2008 n’a fait que l’aggraver, la relance par la dépense est une chimère keynésienne qui a toujours échoué.

-  Abaisser le coût des emprunts immobiliers et relancer le bâtiment ; mais d’une part, la relance de la demande de logement hausse le prix du m² dans les grandes villes et, d’autre part, on accorde des prêts à des personnes qui ne pourront pas rembourser, c’est exactement l’histoire des subprimes américaines.

 

Le contrôle européen des comptes bancaires

John Hill, Commissaire européen à la stabilisation financière, n’ignore rien des dangers à terme d’un taux d’intérêt négatif, même s’il est très lié à Mario Draghi, le magicien à la tête de la BCE, adepte inconditionnel de la politique monétaire « accommodante ».

Il vient donc de prendre une initiative, passée mystérieusement inaperçue dans la grande presse : mettre en place IFRS 9. Ce sigle évoque un vaccin, et c’est à peu près cela : International Financial Reporting Standards. Pour éviter que les banques européennes gaspillent en prêts irresponsables les belles liquidités qui leur tombent du ciel de Francfort (siège de la BCE), elles devront désormais présenter leurs comptes suivant des normes internationales. La même obligation va peser sur les entreprises cotées en bourse ou ayant des titres financiers dans leurs actifs.

Voilà donc de quoi rassurer ceux qui ont des craintes sur la politique Draghi et les taux négatifs. A cela près que jusqu’à présent, dans le cadre de la MSU (Mécanique de Surveillance Unique), les banques étaient soumises à des « tests contraintes » (stress tests), genres d’audit aux règles assez souples. Désormais, la vis est resserrée sur la gestion bancaire, le problème est que le pas de vis est foiré, car l’IFRS, comme beaucoup de normes comptables, est incohérent et se prête à des interprétations variables. Voilà en tous cas nos banques sous bonne garde. Mais les obligations d’Etat détenues par les banques sont considérées comme des actifs dangereux, des poisons mortels, ou au contraire des titres au-dessus de tout soupçon ?

 

Faillite des Etats ou faillite des banques ?

C’est la conclusion à tirer de cette affaire : un jour certains Etats ne pourront plus assurer le service de la dette, même si on en réduit le coût avec des taux négatifs. Les déficits structurels, dans certains pays comme la France, n’ont pas été résorbés : les budgets n’ont jamais été sérieusement réduits parce que la taille des Etats y est démesurée.

On fait donc croire que le danger est la mauvaise gestion bancaire alors que le danger est la mauvaise gestion budgétaire. Quant à la faillite bancaire, elle fait partie du jeu normal de la concurrence : comme toute entreprise, une banque mal gérée disparaît du marché « Le capitalisme sans la faillite c’est comme le christianisme sans l’enfer ». Cela ne signifie pas le vol des clients, mais le rachat par un concurrent ou un assureur. Hélas, la doctrine dominante aujourd’hui est que les banques, surtout si elles sont de grandes banques, ne peuvent faire faillite parce que l’Etat doit voler à leur secours « too big to fail ». Et comme une autre législation bancaire, celle de Bâle, encourage la concentration bancaire et neutralise la concurrence, on verra l’Etat voler au secours des banques dont il a faussé la gestion.