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La crise est inéluctable

A la différence d’Adam Smith et Turgot qui pensaient que l’activité économique apporte le progrès en permanence, grâce à des adaptations permanentes voulues par le marché, Malthus estime que la crise est inéluctable dans un pays industrialisé.

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Wall Street s’invite dans la campagne PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mercredi, 01 Juin 2016 00:00

Les banques américaines vont-elles peser dans le scrutin ?

 

 

Les grandes banques américaines sont en guerre avec la Maison Blanche qui veut accélérer la mise en place de la loi Dodd-Frank, votée par le Congrès alors entre les mains des Démocrates. Quel est l’enjeu ? Qui va gagner ?

L’enjeu c’est la réglementation des opérations boursières réalisées par les banques : celles-ci sont accusées de prendre des risques inconsidérés, notamment à travers leurs traders, et de multiplier les « produits dérivés », qui permettent de masquer la réalité des produits d’origine : un projet n’est pas très sûr, mais la réalisation de ce projet peut faire l’objet de transactions, et des contrats à terme peuvent être rachetés ou revendus. Il est vrai que la crise de 2008 et la faillite de Lehman Brothers ont alerté l’opinion publique, et le peuple aime moins les grandes banques quand elles font appel à l’Etat pour les sauver et quand elles font perdre de l’argent aux épargnants. C’est le « too big to fail » qui est à l’origine de la loi Dodd-Frank.

Pour l’instant Obama a fait ce qu’il a pu pour hâter la mise en place de la loi Dodd-Frank  mais sans succès. Les banques ont déjoué les pièges de la réglementation envisagée, surtout qu’elle était peu réaliste. L’irruption de Donald Trump dans la course à la Maison Blanche a ravivé le combat : il prône ni plus ni moins la suppression de la loi, et aujourd’hui la majorité républicaine au Congrès en serait d’accord. Sanders veut également supprimer la loi, qu’il trouve trop douce encore. Reste Hilary Clinton, qui est la seule à vouloir soumettre les banques avec le dispositif de la loi.

Le fond du problème ne nous parait pas être là. D’une part tout effort pour soumettre des banques à une législation nationale est vain à cause de la mondialisation financière. En quelques clics les fonds de Wall Street peuvent partir à Londres ou à Francfort. D’autre part les erreurs commises par les banques et le danger que représentent des capitalisations énormes ont pour origine non pas la liberté bancaire, mais au contraire la sur-réglementation émanent de la Banque des Règlements Internationaux. La politique monétaire laxiste est aussi une source d’irresponsabilité bancaire, ainsi que l’interpénétration entre politique et finance, qui a produit le « capitalisme de connivence ». Avant d’attaquer «la finance », encore faut-il savoir de quelle finance il s’agit : celle qui a assuré le développement des pays riches, ou celle qui veut créer des richesses artificielles sous la bannière de l’Etat ?

 
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