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Etes-vous adeptes et satisfaits de la pensée unique ? Ces portraits montrent l’extrême richesse de l’histoire de la pensée économique, d’Adam Smith à nos jours. Ils vous font découvrir les permanences (les problèmes économiques) et les oppositions (les doctrines économiques).
Dépenses publiques et impôts d’un côté, ou libre échange et libre entreprise de l’autre : ce débat actuel s’est noué avec Say et Malthus, se poursuivant entre Bastiat et Marx, puis aux 20ème siècle par Keynes et Hayek – par exemple.

48 pages, 22 portraits, 5€

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L’intérêt général, fruit des intérêts personnels

Turgot partage sans doute avec Adam Smith la paternité de la science économique ; contemporains, les deux hommes n’ont cessé de correspondre et de s’influencer mutuellement. Puisque l’économie se ramène au jeu de l’échange, les divers acteurs de la production y recherchent leur intérêt personnel. Les conflits d’intérêts sont naturels, mais ils se règlent harmonieusement par le contrat. Par contraste vouloir établir d’en haut un intérêt général et recourir à la puissance publique pour l’imposer ne fait que contrarier les intérêts des uns pour mieux servir les intérêts des autres. C’est en cela que les procédures marchandes sont supérieures aux administrations politiques.

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Assurance-vie : ça sent le Sapin PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 04 Octobre 2016 00:00

L’Assemblée reprend actuellement la discussion d’un amendement à la loi Sapin 2, relative « à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique ». Cet amendement concerne le sort des contrats d’assurance-vie. Il prive les Français de toute liberté de gestion de leur épargne. Mais le pire n’est pas là : ces dispositions sont prévues en cas de remontée des taux d’intérêt, source d’une crise financière aigüe. On commencerait donc à réaliser que la politique des taux artificiels menée depuis dix ans dans le monde entier crée toutes les conditions d’une explosion. Oubliées les leçons de 2008, et confisquées les économies des épargnants.

 

Les contrats d’assurance-vie

A fin 2015 quelque 16 millions de contrats d’assurance-vie avaient été souscrits. C’est le placement le plus recherché par les Français, il représente 40 % de l’épargne totale, contre 30 % pour le livret A, le reste allant à des titres. Ce qui attire les épargnants c’est la théorique sécurité à long terme, ceux qui le peuvent entendent surtout se mettre à l’abri de la faillite du système de retraite de la Sécurité Sociale ; puisqu’ils en ont les moyens, c’est une sage précaution. En revanche, la rentabilité du placement est maigre : avant impôt, autour de 2% en termes réels (mais avant impôt sur le revenu !).

Tout comme les livrets A (dont nous avons rappelé récemment qu’ils se déversaient dans les finances publiques) la gestion par les assureurs des comptes d’assurance-vie est étroitement contrôlée. Un contrôle permanent est exercé par le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCFS) mis en place en 2013 (dans la lignée du Corefris créé en 2010), présidé par le ministre de l’Economie (actuellement Michel Sapin). Avec l’accord d’un autre organisme, Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR), le HCFS a pour mission de prévenir une crise financière. C’est déjà dire que les intérêts des épargnants sont bien protégés, ou plus exactement que l’Etat se charge de concilier rentabilité et sécurité aux lieux et place des compagnies d’assurance. Le business financier, c’est bien, mais la crise financière doit être bannie : l’Etat y veillera. Donc voilà une liberté bien surveillée.

 

L’amendement de la loi Sapin 2

Il semblerait que la conjoncture actuelle pousse Bercy et les mentors de la finance à surveiller encore de plus près. Il est proposé aux députés de voter « des mesures conservatoires pour préserver la stabilité du système financier ».

Quelles mesures ? Insignifiantes et indispensables pour le gouvernement. Il s’agit simplement de « suspendre, retarder ou limiter temporairement, pour tout ou partie du portefeuille, le paiement des valeurs de rachat, la faculté d’arbitrages ou le versement d’avances sur contrat». Les Echos (29 septembre) rapportent les commentaires de Gérard Bekerman, le président de l’AFER, la première association d’épargnants français :

« C’est un amendement funeste, inutile. Il faut, a minima, prévoir dans la loi des clauses pour cas exceptionnels, comme le licenciement, l’acquisition d’un logement ou l’utilisation de son épargne pour la retraite, pour lesquels la sentence du HCSF ne s’appliquerait pas ».

Un commentaire encore plus sévère consisterait à dénoncer un vol pur et simple de la propriété privée, qui inclut l’usus et l’abusus de la chose possédée. Pourquoi l’Etat s’arroge-t-il le pouvoir d’empêcher un épargnant de retirer de l’argent de son compte, que ce soit en cas de dépense à engager (ce qui est évoqué par l’AFER) ou simplement pour rechercher un placement meilleur à ses yeux ?

 

L’apocalypse des taux d’intérêt

La réponse est claire : l’épargnant perd la disposition de son argent parce que son retrait peut faire « sauter la banque ». Et voilà donc la fameuse crise dite « de système », qui ne manquerait pas de se produire si les taux d’intérêt venaient à augmenter. Comme ils sont artificiellement abaissés, voire négatifs, pour permettre aux Etats d’alléger le service de leurs dettes, ils ne pourront que remonter un jour ou l’autre. Ce jour-là les épargnants ne pourront plus toucher à leur compte, comme les Grecs qui ne pouvaient plus retirer de l’argent de leur compte bancaire.

Nous nous répétons : il est aberrant de laisser l’Etat et les banques centrales manipuler les taux. Le taux d’intérêt naturel, c’est le prix du temps, le prix de l’arbitrage entre le présent et le futur. Des taux négatifs signifient qu’une valeur actuelle ne pourra que se dégrader dans l’avenir : belle anticipation économique ! Ils signifient que les gens empruntent en étant sûrs de rembourser moins que le montant de leur emprunt : bel encouragement à la réussite !

L’accumulation de non sens et de spoliations aboutit à l’apocalypse.

 
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