LES MANUELS SCOLAIRES N’AIMENT NI L’ENTREPRISE NI LA MONDIALISATION


Ce n’est pas d’aujourd’hui que nous dénonçons la dérive étatiste et plus précisément marxiste des manuels scolaires d’économie, en particulier de ceux qui sont destinés à la section économique et sociale. Nous avions repris il y a peu, une enquête de l’IFRAP et, il y a quelques années, une étude faite par deux économistes aixois et parue dans Le Figaro Magazine.

Plus récemment, plusieurs chefs d’entreprises ont dénoncé la dérive de ces manuels et en particulier la mauvaise image de l’entreprise. C’est le cas de Bertrand COLLOMB, PDG de Lafarge et Président de l’association française des entreprises privées. : « Il faut absolument faire en sorte que l’Education améliore la capacité à comprendre la réalité. C’est vrai de la réalité économique et de l’entreprise, qui est un élément important de cette réalité ». M.M. SELLIERE ou BEBEAR se sont exprimés dans le même sens.

Le débat a pris tant d’ampleur que Le Monde lui-même ne peut plus dissimuler le malaise qui en résulte et présente, à sa façon (pas toujours objective), les parties en présence.

Quelle est, selon Le Monde, l’analyse des chefs d’entreprises ? Ils « n’ont eu de cesse de dénoncer l’idéologie véhiculée, selon eux, par des professeurs inspirés par Attac ou les altermondialistes et coupables à leurs yeux de rendre exclusivement compte des pathologies de l’entreprise et des marchés (grèves, plans sociaux, dépôts de bilan, financiarisation de l’économie) ».

« De longue date, ils ont tiré à boulets rouges contre les manuels scolaires qu’ils jugent acquis aux théories keynésiennes des années 1970 : le plein-emploi résulterait des dépenses publiques. Une simple lecture de la production éditoriale destinée aux élèves ES prouve que le gauchissement y est réel : on n’y lit quasiment rien sur l’Ecole de Chicago qui a inspiré les thèses libérales longtemps en vogue » (C’est Le Monde qui le dit !).

Le Monde donne ensuite la parole à l’autre camp : « Que reprochent les enseignants aux entrepreneurs ? ». « Certains enseignants ne supportent pas d’être conviés à jouer les agents de relations publiques des chefs d’entreprises. Ils ne veulent pas réduire l’entreprise au discours de son chef. Ces enseignants veulent aussi préserver un enseignement distancé qui traite du patron comme du syndicaliste, de l’offre comme de la demande, de MARX comme de RICARDO (sic !) ». Sans commentaires.

Le problème, c’est que dans un autre article de la même enquête, Le Monde est obligé de reconnaître la non objectivité des manuels : « Les manuels scolaires évoquent de façon critique la mondialisation. Les conséquences négatives du phénomène sont davantage soulignées que la croissance rapide de pays comme l’Inde et la Chine ». Chez MAGNARD, le chapitre sur la mondialisation s’ouvre sur une citation de Pierre BOURDIEU ! Chez BREAL, on commence par une longue citation de Joseph STIGLITZ. Chez HATIER, on présente deux photographies, l’une de manifestation contre les délocalisations, l’autre d’une affiche de l’organisation internationale du travail indiquant que « la liberté syndicale est essentielle au développement durable ».

« C’est donc un ton généralement critique que les manuels scolaires adoptent pour évoquer la mondialisation (…) Dans la balance, les effets pervers du phénomène pèsent nettement plus lourd que les avantages, comme la croissance très rapide de la Chine et de l’Inde, grâce au commerce mondial, passée sous silence dans presque tous les ouvrages ». Bref, pour NATHAN, « le développement du commerce mondial a surtout profité aux régions les plus riches, Amérique du Nord et Europe occidentale ». De plus « la mondialisation implique une marchandisation du monde qui constitue un vrai danger culturel : celui de la standardisation, de l’homogénéisation, qui sont dans la logique de l’économie de marché ».

Chez MAGNARD, on souligne que des « millions d’individus résistent et s’opposent violemment à un ordre du monde qu’ils jugent injuste et destructeur. Ce rejet se nourrit de la pauvreté, des inégalités, de l’incompréhension et des dégâts écologiques souvent imputés à la mondialisation économique ». Pour NATHAN, « le modèle de développement libéral semble avoir échoué ». Bref, conclusion du Monde (sûrement ravi) : « A l’évidence, le cœur des auteurs des manuels économiques penche plus du côté des adversaires de la mondialisation que du côté de ses défenseurs ». C’est le moins qu’on puisse dire. Les parents sont-ils avertis ou indifférents ? Quel avenir prépare t-on à ces jeunes qui, de gré ou de force, suivront la mondialisation ?

 

 

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