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Junk Bonds : titres pourris. Se dit de titres ayant pour contre partie la promesse de remboursement par un débiteur insolvable. Exemple historique de junk bonds : les assignats, émis par la Révolution Française, théoriquement gagés sur le produit de la vente des « biens nationaux » (propriétés du clergé et des émigrés). En 2020, ceux qui auront des obligations de lEtat Français connaîtront le même sort que les porteurs dassignats. Qui la dit ? Cest une opération de finances fiction, à laquelle lagence américaine de notation Standard and Poors vient de se livrer. Et elle nest pas, hélas, sans quelque réalisme. La conjonction du laxisme des finances publiques et du vieillissement de la population pourrait conduire au pire dans le domaine de la dette publique. Certes, il ne sagit pas dune prévision au sens strict du terme. Dans sa note rendue publique, Standard and Poors pense quil « est hautement improbable que les gouvernements laissent leurs dettes et déficits senvoler aux niveaux incontrôlables que nous évoquons ». Bref, lagence pense quon ne pourrait poursuivre pendant quinze ou vingt ans la politique actuelle, sans réagir un jour ou lautre. Sinon ? Au rythme actuel, la notation de la France qui est encore AAA (débiteur au dessus de tout soupçon) ne cesserait de baisser à partir de 2010. Aujourdhui on suppose que lEtat est encore capable de rembourser une dette égale à 66% du PIB. En 2020 ou 2025, la France tomberait dans la catégorie « spéculative » avec une note BB, celle quavaient en 2005 les Philippines ou lInde. « Sa capacité à rembourser sa dette, en capital comme en intérêt, revêt désormais un caractère spéculatif. Et les obligations quelle émet ont les caractéristiques des junk bonds (« obligations à hauts risques »). Ce sont les termes mêmes du compte rendu de cette enquête fait par Le Monde. Le gouvernement devra alors emprunter de plus en plus cher, pour rechercher ceux qui veulent bien placer leur argent dans des rendements risqués, à condition quon y mette le prix. La dette serait alors de 107% du PIB. « Ces projections correspondent à lhypothèse où les gouvernements ne changeraient rien. Les impôts et les prestations publiques resteraient les mêmes quaujourdhui. Quant aux systèmes de retraite et de santé, dont les équilibres vont être bouleversés par le vieillissement de la population, ils ne seraient pas réformés non plus ». En continuant ainsi, en 2050, on en serait à une dette publique égale à 235% du PIB. Seule consolation, avec un retard sur nous, Allemands et Américains prendraient le même chemin. A la différence près queux sont en train de réformer qui les impôts, qui les retraites, qui lassurance chômage, qui le système de santé. Chez nous, lhypothèse de finance fiction est plus réaliste, parce que rien nest fait pour linstant, ni pour les impôts, ni pour les dépenses publiques, ni pour les retraites, ni pour lassurance-maladie. Le point intéressant, cest que lagence de notation « souligne que ces fortes dégradations ne sont pas dues quau vieillissement de la population. Elles sexpliquent aussi -et pour une part relativement importante- par des politiques budgétaires qui laissent les déficits sinstaller et filer ». En clair par le laxisme des gouvernements qui refusent les réformes de fond. Mais le vieillissement est aussi une réalité. Et il nécessite une autre série de réformes, concernant la protection sociale et en particulier les retraites et lassurance-maladie qui doivent rompre avec la répartition. Dans les deux cas, cest limmobilisme qui est en cause. Certes, cest
le scénario de finances fiction que présente Standard and
Poors. Mais il devrait ouvrir les yeux de tous. Ce sont les deux générations
à venir qui paieront le prix des erreurs gouvernementales daujourdhui.
Voilà pourquoi cest maintenant quil faut agir et pas en 2020. Le 30 mars 2005
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