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Ces statistiques sont sorties, comme par hasard, en pleine campagne électorale
et auront sûrement une certaine influence sur le choix des électeurs.
Quant aux médias français, ils sen sont donnés à cur joie
Pourtant,
plusieurs remarques, qui ne paraîtront pas dans les médias français
-fidèles à leur esprit moutonnier sont nécessaires : 1. Le Census Bureau est un institut de statistiques dobédience plutôt étatiste et démocrate. Il est à lorigine dun scandale en 1987, lorsquil a publié une étude montrant que le revenu de la famille moyenne avait baissé pendant la période Reagan et que seul le 1% supérieur des revenus avait bénéficié de lexpansion économique. Or, les résultats se sont révélés faux et le Census Bureau a dû se rétracter et corriger les résultats publiquement. Le but était dempêcher lélection de George Bush père lannée suivante. 2. Il faut savoir aussi que la pauvreté est un concept relatif, qui se mesure par rapport à la richesse moyenne de la population du pays. Il en résulte que lon peut trouver quil y a plus de pauvres aux USA quau Bangladesh ou au Soudan. De telles désinformations avaient été publiées aussi par UNICEF il y a quelques années. A titre indicatif, le seuil de pauvreté aux USA, pour une famille de 4 personnes, est de 18 810 dollars, soit plus de 8 000 francs par mois ! 3. Mais ce qui est important, cest que les pauvres américains ne sont pas pauvres toute leur vie ; le très grand nombre sont en fait des jeunes en début de carrière alors que les riches sont les mêmes arrivés en fin de carrière. 4. Les revenus des pauvres sont mesurés avant redistribution ; or, il faut savoir quà la différence de la France, lAmérique nest pas tombée dans le piège de la TVA et continue de tirer lessentiel des ressources budgétaires de limpôt sur le revenu, qui est progressif et que le taux de transfert des riches aux pauvres par le jeu de cet impôt et des programmes sociaux est à peu près double des mêmes transferts en France. Ce revenu ne tient pas compte des autres aides non monétaires comme les tickets de nourriture, les aides au logement. 5. Toutefois, la désinformation principale nest pas là. Elle tient au fait
que le «pauvre» américain a un statut quon ne retrouve nulle part ailleurs. - 46 % de ceux qui sont considérés comme pauvres sont propriétaires dune
maison ; - 76 % disposent de lair conditionné ; - 75% dentre eux bénéficient dau moins deux chambres pour vivre ; - le pauvre « moyen» américain est mieux logé que la moyenne des individus
habitant Paris, Londres, Vienne ou Athènes ; - 75% dentre eux possèdent une voiture, 30 % en possèdent deux ; - 97 % des pauvres ont une télé couleur ; 50 % en ont deux ; - 73 % des pauvres possèdent un micro-ondes. La famille pauvre
américaine classique (comme dailleurs leur équivalent européen) est
monoparentale, avec une mère (très) jeune et un enfant en bas âge, ce
qui montre que la pauvreté nest pas vraiment une fatalité, car elle
est surtout due à lexplosion de la cellule familiale
et moins au chômage, car la durée du chômage est en moyenne faible
aux Etats-Unis (quelques semaines contre près dun an en France). Le 13 septembre 2004
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