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EN PERIODE DE CRISE, LES SYNDICATS D'AIR FRANCE HAUSSENT LE TON La rencontre entre la direction dAir France et les syndicats de pilotes de la compagnie aérienne, qui portait essentiellement sur les salaires, sest conclue sur un constat de profond désaccord. Alors même que des compagnies aériennes, telles que Continental, American Airlines, Swissair et Sabena, connaissent des crises majeures, la direction a fait un geste envers les pilotes. Cette dernière a proposé de combler lécart des salaires de 1,6 % entre Air France et les trois autres compagnies européennes (KLM, Lufthansa et British Airways). La direction sest engagée à verser aux pilotes un treizième mois entier, soit léquivalent dune hausse de 0,2 %. De plus, elle prévoit des mesures en faveur des pilotes du bas des grilles, soit une hausse globale de 1,4 %. Suite à ces propositions de la direction, les syndicats ont manifesté leur mécontentement et menacent de dénoncer laccord global pluriannuel (AGP). Le président du syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) a annoncé quil entendait revenir sur lAGP que son syndicat avait signé en 1998. Cet accord prévoyait un échange « salaire contre actions » et le gel de la grille des rémunérations pendant sept ans. La direction, de son côté, a donné une lecture ambiguë de laccord, qui promettait un alignement des rémunérations globales des pilotes (donc y compris les retenues sociales) et non des salaires nets. La différence est de 20% en moins en terme de salaire net. les syndicats estiment quavec ce mode de calcul Air France a déjà économisé chaque année 38,1 millions deuros, soit 5¨% de la masse salariale. Avec lappui du syndicat des pilotes de laviation civile (SPAC), ils demandent que les 20 % économisés soient redistribués en primes de vol. Les menaces de retour à un « syndicalisme de base » de la part des syndicats de pilotes inquiètent la direction ainsi que la clientèle de la compagnie. Comme tous les syndicats du secteur public, les SNPL et SPAC, majoritaires chez les pilotes, exercent une forte pression sur la compagnie. On peut ici noter que, malgré la privatisation partielle survenue le 22 février 1999, la compagnie Air France reste détenue à 56 % par lEtat. En France, le taux de syndicalisation dans le secteur public est de 25 % contre 2 % dans le secteur privé. Non seulement les syndicats ne sont pas représentatifs de lensemble des salariés, mais lessentiel de ceux quils représentent sont quasiment tous dans le secteur public. Dans le cas dAir France, lerreur serait de considérer ces syndicats comme les représentants légitimes des salariés, alors que leurs seuls objectifs sont de donner toujours plus aux salariés les mieux payés. En ce sens, on peut noter que 90 % des jeunes pilotes (30 ans et moins) ont choisi de réduire leur salaire en échange dactions, démontrant ainsi leur adhésion à long terme au projet de la compagnie. De plus, la quasi totalité des pilotes ont décidé de souscrire au capital de la compagnie, sachant quils avaient la possibilité de renoncer à cette souscription. A ce sujet, 2819 pilotes (soit 78.85 % des 3575 pilotes éligibles) détiennent des actions de la compagnie, ce qui représente 11 % du capital total. Alors même quune bonne partie des pilotes semble accepter les propositions de la direction, un groupe fait pression et revendique davantage. Le problème est que ces groupes de pression disposent dun monopole du pouvoir dinformation et sont considérés par les médias comme les seuls représentants légitimes du progrès et de la vérité. Le salarié non syndiqué, qui assiste à cette guerre inégale de linformation, qui aboutit quasi systématiquement à la victoire de la désinformation, est en général passif. Il a souvent tendance à suivre ceux dont il estime quils représentent le mieux ses intérêts. Ce sont ces syndicalistes qui bénéficient du droit de paralyser léconomie en dépit des lois élémentaires concernant les limites du droit de grève. Il faut donc ôter aux représentants des groupes de pression le monopole de linformation et de la vérité. Sans cela, il ne sera jamais possible de rétablir un dialogue sain dans les entreprises et les administrations françaises. Les Français qui travaillent sont a priori, dans leur immense majorité, des gens de bonne volonté, qui ont simplement peur de leur avenir. Pour cela, ils doivent prendre conscience de leur force, arrêter de « râler » et se mettre au travail pour redresser la situation actuelle de crise. Lexemple dAir France montre bien que, même en période de crise, les syndicats préfèrent des intérêts corporatistes à court terme à lintérêt à long terme de lentreprise et des clients. Mots clés : Désinformation, Groupe de pression, Monopole, Syndicat.
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