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on parle de pays émergents, on pense dabord à lAsie et en particulier à lInde
et Plus de 6% de croissance en 2012 Les
événements récents dans le monde arabe, le « printemps arabe » encore
si incertain, ont attiré lattention sur les pays dAfrique du Nord et du Proche-Orient,
mais on peut se demander si la véritable mutation nest pas en train de se produire
plus au sud, dans lAfrique Subsaharienne, en Afrique noire. Voilà
pourtant un continent qui contient les pays les plus pauvres du monde, ceux qui
ont le PNB par habitant le plus bas, les fameux PMA (pays les moins avancés),
selon le vocabulaire politiquement correct des Nations Unies. Mais lOCDE, comme
la Banque Africaine du Développement, annonce des chiffres plus quencourageants.
LAfrique dans son ensemble connaîtrait durant cette année 2011 une croissance
de 3,7%, ce qui est positif quand la croissance mondiale est de 3,2% et celle
des pays développés de 2,2% seulement. Mais
cette moyenne du continent africain est trompeuse. Dune part, il ne faut pas
oublier que les taux sont dautant plus forts que lon part dun niveau très bas.
Dautre part, la moyenne masque de réelles divergences entre zones géographiques.
En effet, la croissance ne sera cette année que de 0,7% en Afrique du Nord, ce
qui plombe la moyenne africaine. En revanche, toujours pour 2011, on annonce 4,5%
en Afrique australe, 5,3% en Afrique centrale et 6,7% en Afrique de lEst. Pour
lensemble du sous-continent subsaharien, la prévision de croissance est de 5,6%
en 2011 et elle devrait encore saccélérer à 6,5% en 2012 : trois fois plus
vite que lensemble des pays riches. De nombreux pays seront dès cette année au
dessus des 6% et même quelques-uns au dessus de 10%. Donald Kaberuka, le Président
de Le commerce mondial, moteur de la croissance Interrogé
sur les « moteurs économiques du continent », il met en avant le commerce
mondial. Cest en soi une révolution : entendre un responsable dune organisation
internationale affirmer que la meilleure forme daide au développement, cest
le commerce international. Si les économistes le savent depuis longtemps, les
représentants des grands organismes ont mis du temps à sen persuader. La
croissance des pays émergents comme Sans
doute la hausse des prix alimentaires et énergétiques profite-t-elle aux pays
exportateurs, mais elle peut aussi mettre en difficulté une large fraction des
populations à très faible revenu. Cest la seule inquiétude économique pour linstant.
La
défense des libertés économiques : Audace Institut Afrique
Par
contraste les inquiétudes principales viennent de la politique. Dans
ce climat de totale confusion, il faut saluer comme il convient ceux qui défendent
létat de droit et les libertés économiques, et souligner notamment le rôle joué,
dans le domaine des idées, par lAssociation Audace-Institut-Afrique, dirigée
par Mamadou Koulibaly. Cet universitaire, économiste, formé en France, à lUniversité
dAix-en-Provence, Faculté déconomie appliquée, préside lAssemblée nationale
de Côte dIvoire. Il est, depuis toujours, le défenseur infatigable de la voie
libérale pour son pays et pour lAfrique en général : seules les libertés
économiques, selon lui, sortiront lAfrique du sous-développement. Son Think tank
libéral a lancé une campagne sur la sortie de crise de la Côte dIvoire, mais
son impact va bien au-delà de son pays. Pour
cela, son Think tank () a entamé
une série de publications faites par des universitaires juristes, économistes
ou philosophes. Chacun a donné sa vision de la sortie de crise, mais avec la conviction
et la démonstration que seules les libertés économiques, létat de droit et de
bonnes institutions pouvaient permettre un vrai développement. Cest ainsi que
Jean-Philippe Feldman a insisté sur les réformes institutionnelles et constitutionnelles,
mettant fin à la centralisation colbertiste héritée de la colonisation à la française.
Moins dEtat et un Etat plus décentralisé. Pierre Garello a pour sa part insisté
sur limportance centrale dinstitutions comme des droits de propriété garantis
par un état de droit : la propriété permet de responsabiliser les personnes
et les choix libres. Chaque
contribution, sans exception, insiste sur cet état de droit qui est la clef de
tout : comment imaginer un développement réel si les propriétés ne sont pas
garanties, si les contrats ne sont pas respectés grâce à un système judiciaire
impartial et efficace (une justice indépendante est fondamentale), si la vie des
personnes et la sécurité des biens ne sont pas garanties ? Un jeune chercheur
du Centre déthique économique que je dirige, Nicolas Madelènat di Florio insiste
sur la nécessité de mettre fin à la spirale massacres, répressions, vengeances,
dans une analyse « à la Girard » sur le rôle des boucs émissaires. La
Côte dIvoire devrait être un exemple pour mettre fin à cette spirale sans fin,
dans laquelle chacun joue à tour de rôle au loup et à lagneau. Cest le sens
de combat de M. Koulibaly. La pertinence du libéralisme pour lAfrique Eric
Ng Ping Cheun, lui aussi ancien étudiant dAix, qui joue un rôle important pour
promouvoir les idées libérales à lIle Maurice, souligne limportance dun cadre
institutionnel qui favorise linitiative personnelle et la création dentreprises :
le capital humain est là, mais qui pourra devenir entrepreneur sil ny a ni liberté
économique, ni état de droit ? Il rappelle quil ny a de richesses que dhommes
et lance aux Ivoiriens : « Libérez les talents ». Pour ma part,
tout en insistant comme mes collègues sur les aspects précédents, je souligne
aussi que le développement, contrairement à toutes les idées véhiculées par le
marxisme et le keynésianisme, nécessite moins dEtat et non pas plus dEtat. Dailleurs,
les indices de liberté économique publiés chaque année le confirment : le
développement récent dune partie de lAfrique va de pair avec des réformes allant
dans le sens de la libre entreprise et du libre échange. De son côté Emmanuel
Martin directeur de la publication Un Monde Libre ()
montre les méfaits de laide publique internationale qui est « une perpétuelle
illusion destructrice ». Ainsi, peu à peu, lopinion publique dûment informée se rendra-t-elle à lévidence : seul le libéralisme ouvre la voie du développement. On voit avec désespoir lAmérique latine se donner des gouvernements marxistes, et sengager ainsi dans une impasse. Au contraire, lAsie a compris les perspectives de la liberté économique. A son tour saluons le réveil de lAfrique, espérons quil saffirme. Tout le monde sen réjouira, car la prospérité des uns fait aussi celle des autres, et les peuples dAfrique ont trop longtemps souffert des dictatures qui les ont privés de leur liberté et de leur dignité.
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