![]() |
||
|
LE CAPITALISME SERAIT-IL POPULAIRE ? Actionnaires, consommateurs, assurés : les Français ont leur mot à dire, grâce au marché. Le capitalisme évolue actuellement vers une démocratie économique où les petits ont un droit de vote, à travers leurs placements et leurs dépenses. Il devient « populaire ». Marx doit s’en retourner dans sa tombe ! Les mentalités changent et la libéralisation des marchés financiers des années 80 commence à porter ses fruits : le capitalisme devient populaire. Depuis quelques semaines des campagnes publicitaires télévisées semblent enfoncer le clou. De plus en plus de gens à petits revenus jouent en bourse. Après avoir été infecté par l’idéologie keynésienne selon laquelle l’épargne est un vice, le public français redécouvre qu’il est possible de placer ses revenus en bourse et que même des krachs passagers n’affectent pas une évolution féconde. Le capitalisme n’est plus réservé aux « gros » donc, et les réclames TV insistent sur ce point : ce n’est pas parce qu’on est petit que l’on n’a pas de poids. Ce point est important car il permet de faire comprendre comment l’actionnariat responsabilise les entreprises cotées ; il permet de faire comprendre que le capitalisme n’est pas un système « fou », comme voudraient nous le faire croire les médias gauchistes au grand cœur. Loin d’être une structure de prise de décisions technocratiques, le capitalisme, le vrai, donne son mot à dire à tout le monde : les actionnaires, si minoritaires soient-ils, ont une influence sur la « gouvernance » de l’entreprise. On l’a vu à propos des OPA BNP / Paribas ou Elf / Total : dans les deux cas, c’est le choix des milliers d’actionnaires qui a fait pencher la balance. Si les Français découvrent les bienfaits de la bourse, les Américains, par exemple, ont intégré dans leur mentalité cet aspect du capitalisme depuis fort longtemps. Une étude récente d’un institut américain dénombre 76 millions d’actionnaires aux USA représentant 43 % des foyers américains, soit une augmentation de 126 % (bien plus du double) en quinze ans. On nous rebat les oreilles actuellement du concept de citoyenneté. On nous le sert à toutes les sauces. Bien qu’il se rapporte habituellement à l’action des hommes dans la sphère politique, il la déborde largement et on l’utilise pour « participation » ou « prise de responsabilité. » Et, bizarrement, on nous parle rarement du fait qu’en tant que consommateurs et en tant qu’actionnaires nous participons aux grandes décisions économiques. Chacun a donc un rôle décisionnel dans la sphère économique. Le développement de l’actionnariat populaire est vecteur de responsabilisation. Cela donnera à beaucoup l’opportunité de comprendre comment le profit permet de réguler l’activité économique, pourquoi certaines entreprises ont parfois besoin de licencier (pourquoi le manque d’emplois en France est dû au manque d’entreprises du fait d’une fiscalité excessive) et pourquoi tout cela est nécessaire dans un système qui répond à des besoins sans cesse changeants. Nous regardons d’un œil de plus en plus méfiant les investissements publics prétendument productifs. Nous prenons conscience du fait que nous sommes les vrais acteurs décisionnels du système. Le « capitalisme » n’est pas une entité abstraite, qui déciderait de manière mécanique: c’est nous qui décidons de manière économique, nous qui orientons l’activité. Enfin, les perspectives en matière de capitalisation pour les retraites semblent faire prendre conscience dans les milieux populaires de l’aberration de la retraite par répartition. Et, encore une fois, la possibilité de choisir de manière responsable entre différentes solutions nous responsabilise, en plus du fait de nous enrichir. Les fonds de pension qu’on tente chez nous de faire passer pour des sortes de vampires suceurs de dollars, permettent bien au contraire de mieux gérer les entreprises, c’est à dire de rendre l’activité économique saine. De plus, ces fonds se proposent de nous fournir de belles retraites, non pas financées lâchement par nos petits-enfants, mais bien par nous-mêmes. Aux USA, le succès des fonds de pensions pour le financement privé des retraites leur a permis de passer 29 milliards de dollars en 1990 à 457 milliards en 1997 ! En étant responsables, les gens deviennent de plus en plus sceptiques quant aux manipulations gouvernementales qui tentent de détourner ces processus créateurs de richesses. Ils se rendent compte que leur avenir est mieux géré lorsqu’il est placé entre leurs mains qu’entre celles des politiciens. Bref, le capitalisme, système de responsabilité par excellence, devient populaire.
Mots-Clés : Actionnariat, Bourse, Capitalisme, Consommation,
Consumérisme, Fonds de Pension, Gouvernance, Retraites
|