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Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Ce livret destiné à des militants libéraux avait deux objectifs : d’une part, rappeler le contenu du contrat que des candidats libéraux devraient passer avec les électeurs, d’autre part, imaginer deux scénarios de l’alternance : la gauche reconduite en 2002 et en 2007, mais devenue libérale, ou la droite au pouvoir en 2002 et pour longtemps. En fait, la droite a gagné en 2002, mais le scénario « Thatcher » n’a jamais fonctionné, et la gauche reprend le pouvoir en 2012 !

21 pages, gratuit

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L’intérêt général, fruit des intérêts personnels

Turgot partage sans doute avec Adam Smith la paternité de la science économique ; contemporains, les deux hommes n’ont cessé de correspondre et de s’influencer mutuellement. Puisque l’économie se ramène au jeu de l’échange, les divers acteurs de la production y recherchent leur intérêt personnel. Les conflits d’intérêts sont naturels, mais ils se règlent harmonieusement par le contrat. Par contraste vouloir établir d’en haut un intérêt général et recourir à la puissance publique pour l’imposer ne fait que contrarier les intérêts des uns pour mieux servir les intérêts des autres. C’est en cela que les procédures marchandes sont supérieures aux administrations politiques.

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Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 03 Décembre 2012 00:00
Patchwork pour un programme politique l www.libres.org

Avez-vous en poche votre carte de l’UMP, de l’UDI, du PS, du MRG ou du FN ? Bien que ma question soit innocente, je soupçonne un certain nombre d’entre vous d’avoir fui tout militantisme partisan. Mais, de grâce, ne vous désintéressez pas pour autant du débat politique !

La conjoncture politique nous amène simplement à réfléchir une fois de plus au rôle des partis politiques dans une démocratie en général, et en France en particulier.

Les partis ont accompagné les premiers pas de la démocratie moderne. Avec le système parlementaire anglais apparaissent deux partis : les whigs, opposés au despotisme royal et attachés à la liberté économique, et les tories, moins ouverts aux idées de la Grande Révolution.

Ainsi, d’entrée de jeu, les partis ont été introduits dans la vie politique comme les liens naturels entre un choix de société (libéral chez les whigh, conservateur chez les tories) et une représentation électorale. Après la création en 1920 du labour party, issu des syndicats ouvriers, les whig disparaîtront, car il n’y a que peu de place pour trois partis dans le scrutin uninominal à un tour pratiqué par les Anglais.

Aux Etats Unis, bien qu’il y ait entre les deux partis une opposition traditionnelle sur l’étendue du pouvoir fédéral (les démocrates en veulent plus, les républicains en souhaitent moins), l’importance de la vie politique locale fait en sorte que le rôle des partis n’est guère apparent aujourd’hui que pour les élections au Congrès et à la Maison Blanche.

Par contraste avec les Anglo-Saxons dans l’ensemble bi-partistes, l’échiquier politique européen est plus complexe à cause de scrutins de liste, ou de scrutins proportionnels, ou de scrutins à deux tours.

Donc, dans les contours et la vie des partis politiques, deux éléments sont déterminants :

-         la doctrine, le choix de société

-         les mécanismes électoraux.

La France fait-elle exception à ce constat? Le XIXème siècle sera dominé par le clivage entre républicains et monarchistes, et chez les monarchistes légitimistes et orléanistes, mais aussi par la permanence du bonapartisme, qui brouille singulièrement les cartes. Avec la IIIème République les partis affirment leurs spécificités : conservateurs « de droite », radicaux et socialistes (congrès de Tours de 1920 créant la SFIO). La deuxième guerre fait voler les partis en éclats, mais ils reviennent nombreux après la Libération. Seul le gaullisme fait exception, il se veut rassemblement du peuple français autour de l’homme providentiel. 

Les mécanismes électoraux de la IVème République conduisent à l’essaimage et à l’instabilité, le régime d’assemblée trouve vite ses limites. D’inspiration gaulliste la Vème République inverse la tendance, les partis sont amenés à se regrouper pour faire élire leur chef. A gauche, le regroupement se fait autour du Programme Commun, plus solide dans l’opposition qu’au pouvoir. A droite, la mollesse doctrinale du centrisme, obnubilée par la « troisième voie », ainsi que le refus de doctrine du gaullisme conduiront les partis à ne plus être que les points de passage obligés vers les joutes électorales. 

Aujourd’hui, à gauche comme à droite, les considérations électorales l’emportent sur toute autre. La pensée politique s’installe dans le vide. D’ailleurs il faut être très perspicace pour percevoir de véritables alternances dans les politiques menées : par exemple la Sécurité Sociale, l’Education Nationale, les entreprises publiques, la construction européenne ont traversé l’histoire française depuis plus d’un demi-siècle sans prendre une seule ride.

Y a-t-il quelque chance d’un renouvellement des partis français ? Elles me paraissent minimes.

D’une part (et conformément aux analyses du « public choice »), la logique électorale veut que l’on aille chercher les voix chez les adversaires et concurrents. Les discours et les programmes (quand ils existent) se font de moins en moins discriminants. On confectionne des patchworks électoraux, chacun des éléments ayant pour objectif de séduire une catégorie spécifique d’électeurs. Nos partis ne sont pas des fanatiques de la précision ni de la cohésion.

D’autre part, le financement des partis (loi Balladur) ne peut provenir que de l’Etat (exemple unique dans les démocraties occidentales !), qui ne subventionne que ceux qui peuvent se prévaloir de candidats élus. Difficile de mener des campagnes électorales face aux moyens fastueux des grands partis existants, et obligation pour les petits de se plier aux désirs des grands.

Donc, globalement, nos partis ne sont devenus que des centrales électorales, permettant d’avoir les investitures en temps voulu, et les moyens financiers suffisants. Voilà aussi pourquoi les hommes politiques ont tant de mal à affirmer quelque vue indépendante car le moment venu il faudra bien avoir l’aval du parti.

De la sorte, les partis ne peuvent intéresser que ceux qui ont en vue une carrière électorale, et qui de plus acceptent une discipline de bon aloi. J’en tire une conclusion qui ne vous surprendra pas. Puisqu’une démocratie repose sur un choix de société, qui lui-même implique des valeurs de référence et des programmes cohérents, il faut ou bien remettre le débat d’idées au cœur des partis – ce qui n’est pas pour demain – ou bien demander à la société civile de mener ce débat d’idées pour qu’il prenne un jour valeur électorale, de nature à intéresser enfin les partis politiques. « C’est maintenant ou jamais ».

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
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La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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