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Le chômage est un scandale doublement public. D’une part, il n’a pour origines que des initiatives publiques : politiques budgétaires, monétaires, droit social. D’autre part, il est scandaleux d’avoir tant de chômeurs alors que la science économique donne une réponse claire au défi du chômage . « On a tout essayé contre le chô-mage » disent les gouvernants. Tout, sauf ce qui marche… En 1996 déjà un colloque tenu à Paris par des économistes de renom mondial rappelait cette évidence.

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 23 Février 2015 00:00
Loi Macron l www.libres.org

« Vos souffles sont légers comme des éphémères »

Le poète pensait-il à la loi Macron ?

 

 

 

Je l’ai dit dès le début : la loi ne fait pas le poids. Elle n’a aucun des éléments constitutifs d’une vraie loi : elle n’est ni générale, ni universelle, ni intemporelle. On peut prédire quel sera son sort, dans l’immédiat et à terme.

Dans l’immédiat le projet a été adopté au forceps par l’Assemblée Nationale. Et maintenant ? Les débats ont révélé (si besoin était) l’incohérence et de la majorité et de l’opposition : rien d’étonnant pour un monde politique dépourvu de toute doctrine, de toute vision à long terme. Le texte va être soumis au Sénat, que l’on dit majoritairement lui être opposé, qui amendera, qui rejettera peut-être ; s’ensuivra la navette parlementaire et le diktat de Manuel Vals.

Puis, dans les quelques décades à venir, le ciment électoraliste aura recollé les parties des partis : on va s’unir en dépit de la désunion en expliquant aux citoyens que l’important c’est de battre les autres. Lesquels citoyens s’empresseront d’aller à la pêche – à moins que la marée du siècle emporte les digues partisanes (mais qui y croit pour l’instant ?)

Ainsi, la loi Macron n’aura-t-elle rien changé au paysage politique français, si ce n’est une alternance de bon aloi à la tête de conseillers généraux dont on a programmé la disparition ou la transformation dans quelques mois.

Dans l’immédiat, la plupart des dispositions de la loi, une fois promulguée, vont se décliner en décrets et arrêtés dont la texture sera plutôt tourmentée. Dans certains cas, quelques dispositions passeront à la trappe sous la pression des intéressés. Dans d’autres, la « simplification administrative » sera tellement évidente que plus personne n’y comprendra rien, l’exemple du travail du dimanche ou des remises des notaires est illustrant. De façon plus large, comment greffer des éléments de concurrence et de transparence sur un corps social vétuste, héritage de siècles entiers de dirigisme et de privilèges ?

A terme, va-t-on s’apercevoir qu’un tournant historique aurait été pris avec la loi Macron ? Des socialistes réformistes français auraient-ils adopté la ligne choisie par le SPD allemand à Bad Godesberg il y a un demi-siècle ? Auraient-il renoncé à la lutte des classes, à la chasse au profit, à la traque des riches ? Ce serait en effet un virage idéologique salutaire, et quelques termes sont apparus dans les discours du Président et du Premier Ministre qui évoquent une troisième voie, sociale démocrate ou, mieux encore, sociale-libérale. Mais ce virage est-il possible avec un électorat qui a élu François Hollande sur un projet d’anéantissement de la finance, avec quelques syndicats qui préfèrent la révolution à la réforme ? La gauche serait-elle capable de faire ce que la droite n’a pas su oser en soixante dix ans ?

Il est vrai que nous entendons souvent des personnes saluer la loi Macron comme un premier pas vers la libération. N’y a-t-il pas ponctuellement des mesures plutôt du goût des libéraux ? Il est vrai qu’on pourrait sincèrement se laisser impressionner par quelques bribes de changement, mais à terme cela n’a pas grand sens.


En revanche, j’observe que les grandes réformes, les vraies, n’ont même pas été évoquées dans la loi : a-t-il été question de remettre en cause les monopoles de l’Education Nationale, de la Sécurité Sociale ? A-t-on évoqué la liberté du contrat de travail ? A-t-on envisagé la transition des retraites par répartition vers la capitalisation ? Va-t-on éliminer la progressivité de l’impôt ? Et, par-dessus tout, va-t-on enfin instaurer un Etat subsidiaire, confiné à des missions régaliennes ?

Il est dangereux de se contenter de réformes qui ne soient pas radicales et immédiates. C’est l’erreur que la droite a commise depuis des décennies, à supposer d’ailleurs qu’elle ait eu à quelque moment la volonté de mettre la France à l’heure du libéralisme – ce dont je doute.

Les réformes cosmétiques sont sans intérêt, elles sont même nuisibles puisqu’elles laissent croire que l’on a évolué, alors que rien n’a changé, et l’on a quelques mois plus tard la double critique, de ceux qui sont partisans du changement et de ceux qui y sont opposés. Pour ma part, je conclue à la nocivité de la micro-réforme et de la réforme Macron.

A terme, comme l’a dit un autre poète, « le vent a balayé les roses éphémères ».

Il y aura un « après 11 janvier », nous dit-on. La « marche républicaine » ouvrirait une ère nouvelle, la barbarie devrait être anéantie, l’union nationale devrait se prolonger. Qui ne se réjouirait de telles perspectives ? Mais je m’interroge sur les arguments et les moyens envisagés pour bâtir une France nouvelle, du moins à court terme.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
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Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
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La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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