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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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Economiste classique

Contresens sur la valeur travail

Adam Smith avait créé une ambiguïté en juxtaposant trois lectures de la valeur travail : travail incorporé, travail épargné, travail échangé. Ricardo va lever l’incertitude en choisissant la valeur du travail incorporé, malheureusement la mauvaise !

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Le discours historique de François Hollande PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 18 Novembre 2015 00:00

Historique par son cadre, et creux par son contenu

 

 

Le cadre était prestigieux et exceptionnel : pour la troisième fois dans l’histoire de la République, le Président utilisait la procédure exceptionnelle l’autorisant à s’exprimer devant le Congrès réuni à Versailles. La solennité et les médias étaient au rendez-vous. Daesh, nom convenu pour désigner l’Etat Islamique, allait pouvoir mesurer la vigueur de la riposte de la France et des incroyants.

La plupart des commentaires de presse ont été élogieux : le discours marquait la détermination de la France de mener la guerre que les terroristes lui avaient déclarée. Guerre militaire, avec des interventions aériennes plus intenses et plus ciblées, guerre diplomatique avec le soutien de tous les chefs d’Etat réunis à Antalya, guerre policière, avec des moyens renforcés et la déclaration de l’état d’urgence. « Lucidité tardive », dit Le Figaro.

Il y a pourtant loin de la lucidité à la témérité. Il a été facile aux leaders de l’opposition de minimiser la portée du discours, et les critiques ne participaient pas du seul esprit partisan, bien que certains de leurs auteurs (et Nicolas Sarkozy le premier) aient été mal placés pour faire la leçon aux gouvernants actuels. L’évidence, c’est que la mise en scène ne valait pas le scénario, qui est celui des promesses creuses.

Il était question d’inflexion de la politique étrangère. La position du Président est nette : « En Syrie nous cherchons résolument une solution politique dans laquelle Bachar El Assad ne peut constituer une issue ». On ne voit guère le changement, et l’on continue à trouver modérés les opposants soi-disant démocratiques au dictateur de Damas, rassemblés dans l’Armée de Libération Syrienne, que Poutine veut détruire. A-t-on oublié que Bachar El Assad est le seul à pouvoir reconquérir les territoires occupés par l’EI ? Mais François Hollande se fait fort d’avoir une réunion avec Poutine et Obama pour harmoniser des points de vue dont on sait qu’ils ont été à ce jour inconciliables. Le Président mise aussi sur le Conseil de Sécurité de l’ONU, auquel il va demander la condamnation de l’EI – bonne nouvelle !

Et sur le théâtre des opérations militaires ? Des frappes aériennes plus intenses et plus rapprochées ? En effet, les Raffale ont frappé trois fois en 24 heures, mais ce sont les puits de pétrole et les champs de coton dont Daech s’est emparé qu’il faudrait détruire. La Turquie, qui négocie ces richesses et en bénéficie, est-elle disposée à entrer dans le jeu ? Pour l’instant sa priorité est de neutraliser les Kurdes, en fait les seuls qui aient fait reculer Daech.

Sur le chapitre de la sécurité interne, on a déjà noté la modestie des effectifs supplémentaires prévus : 8.500 personnes (contre 60.000 pour l’Education Nationale). La création d’une Garde Nationale « encadrée et disponible », constituée de retraités des forces de l’ordre, relève de la poésie : elle évoque la Défense Passive mise en place pour protéger les Français contre les bombardements alliés. Les conditions pénales et carcérales devraient changer, est-ce à dire que l’on va rompre avec la doctrine Taubira ? Ce serait surprenant, la première dame de France est toujours bien en cours. L’idée d’un centre d’internement des suspects fichés S n’a pas reçu l’aval du Président, ni le recours aux bracelets électroniques : on invoque toujours le manque de policiers, ou le respect de l’état de droit (que l’on viole quotidiennement s’agissant d’affaires moins graves). Quant à l’éducation civique des enfants de France, elle est et sera toujours confiée à Madame Vallaut-Belkacem, qui fait dans la laïcité et la discrimination positive, forme élégante du racisme : de quoi préparer des générations de djihadistes.

Enfin, l’Etat doit imposer de nouveaux moyens juridiques pour améliorer l’information sur les réseaux et contrôler les terroristes et leurs émules. L’état d’urgence doit être prorogé pour 3 mois et le Parlement devra se prononcer dans la semaine. Mais, de façon plus large, la Constitution doit être révisée. L’exécutif n’aurait-il pas les pouvoirs dont il a besoin pour exercer ses missions régaliennes ? Comme le suggère l’article précédent, l’Etat se disperse et gaspille les armes dont il dispose déjà parce qu’il y a trop de bureaucratie, des organigrammes surchargés, une centralisation paradoxalement cloisonnée. Simplifier l’Etat, réduire l’Etat : voilà les vraies ruptures qui vont bien au-delà d’un discours qui n’a qu’un effet d’annonce, comme tous ceux qui l’ont précédé. Mais quelle prestigieuse manifestation !

 
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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
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