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Le chômage est un scandale doublement public. D’une part, il n’a pour origines que des initiatives publiques : politiques budgétaires, monétaires, droit social. D’autre part, il est scandaleux d’avoir tant de chômeurs alors que la science économique donne une réponse claire au défi du chômage . « On a tout essayé contre le chô-mage » disent les gouvernants. Tout, sauf ce qui marche… En 1996 déjà un colloque tenu à Paris par des économistes de renom mondial rappelait cette évidence.

109 pages, gratuit

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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COP 21 : que reste-t-il de nos amours ? PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 16 Décembre 2015 00:00

« Une photo, vieille photo de ma jeunesse »

 

 

Les plus chenus des lecteurs de notre Lettre auront reconnu les paroles d’une chanson de Charles Trenet, popularisée par Jean Sablon dans les années 1940. Les plus jeunes peuvent la découvrir sur youtube.

Le titre se prête à merveille pour faire le bilan global de ce sommet historique. Le plus beau moment, le plus extraordinaire, aura été la photo de 150 chefs d’Etat : une pièce d’archives, historique à coup sûr. Mais, en dehors de la photo ?

L’accord se devait d’être unanime : une seule défection, et c’était l’échec. On a donc tout fait pour lisser les moindres aspérités. Sur les points importants – ou considérés comme tels – le texte a gardé le silence ou a proposé des « options » qui lui enlèvent tout effet réel. Chacun lira l’accord à sa manière. Malgré cela on a eu peur jusqu’au bout : le groupe des 80 frondeurs ne s’est décidé à signer qu’au tout dernier moment, une fois les subventions (théoriques) fixées à 100 milliards.

 

Une température ressentie

Au cœur même de la COP 21 figurait l’objectif de limiter le réchauffement à 2 degrés. Il n’a pas été atteint, la limite a été abaissée  « en deçà de 2 degrés », avec pour température butoir 1,5 degrés. On sait qu’en matière de température il y a celle qu’indique le thermomètre, mais aussi celle que chacun « ressent » en fonction du vent,  de la luminosité et de sa propre sensibilité. A la COP 21, le ressenti n’était pas le même pour tous. Certains ont même voulu revoir l’objectif à 3 degrés, ou le reporter à une date plus lointaine : 2.050, voire 2.070. Mais en substituant une fourchette de variation à un chiffre unique, l’accord autorise chacun à faire ce qu’il veut. Son caractère contraignant est désormais atténué.

 

Quelles contraintes ?

Pourtant Laurent Fabius a lourdement insisté dans sa présentation sur le caractère juridique de la contrainte qui pèse désormais sur les Etats signataires. Mais on trouverait en vain dans le texte la juridiction, la procédure, les sanctions, et les voies d’exécution à mettre en œuvre à l’égard des pays infidèles. Et pour cause : l’ONU elle-même ne dispose d’aucun autre moyen de pression sur les Etats membres que la diplomatie, elle-même à base de concessions. Va-t-on mettre en place des casques bleus de la planète ? On nage donc en pleine ambiguïté et le Président Fabius a eu une formule saisissante à l’encontre des Etats : « [Nous devrons démontrer] notre capacité à respecter les engagements qu’ils ont pris ».

Quant au fonds, la liste est longue des Etats qui n’ont nullement l’intention de respecter leurs engagements : les producteurs de pétrole mais aussi les consommateurs de pétrole. Par exemple Etats-Unis, Saoudiens, Chine, Inde, Russie ne vont pas sacrifier leurs économies sur l’autel de l’écologie : certains l’ont d’ores et déjà annoncé en toute décontraction.

 

Un processus dynamique

La grande idée qui sauve la COP 21 de l’échec est que l’accord, insuffisant aujourd’hui, est appelé à évoluer. Une dynamique de la réduction de CO2 et de la transition énergétique est en marche. On ne saurait donc juger des résultats de COP Paris d’après ce qui meuble l’accord unanime, mais tout autrement : d’après ce qui va être désormais possible. Demain sera un autre jour. Les signataires se fixent donc un calendrier et un agenda. Tous les cinq ans rendez-vous est pris pour mesurer les changements intervenus, réviser les objectifs et leurs modalités, ouvrir de nouvelles voies pour lutter contre le réchauffement climatique.

Cette annonce a fait grand bruit, elle n’en est pas moins surprenante quand on sait que des COP se tiennent presque chaque année depuis Rio en 1992, l’an dernier à Lima et l’an prochain COP 22 à Marrakech. Il y aura ensuite 2017, 2018, déjà au stade de l’organisation. On ne cesse de sauver la planète, elle le mérite bien. L’essentiel c’est que les sauveteurs actuels soient assurés de poursuivre leur mission tout au long de leur propre vie et d’avoir la garantie financière nécessaire.

 

Les contributions financières

Plusieurs dizaines d’Etats ont exigé que soient inscrites les subventions salvatrices. Ces requêtes ont été légitimées de diverses façons. Pour les uns, la menace d’inondations, d’ouragans et autres catastrophes naturelles était plus grande et plus proche. Pour les autres, il s’agit de reconstituer des écosystèmes détruits par la surexploitation des ressources naturelles (comme la forêt amazonienne). Pour d’autres encore, il s’agit d’investir dans le développement durable pour rattraper un retard imputable à l’égoïsme des pays riches : il y a eu quelques belles passes d’armes entre Africains et représentants des Etats-Unis. Bref, tout le monde a réclamé son dû ; le consensus était à ce prix.

La question plus délicate n’a pas été réglée : qui paiera, pour quel montant et à quelle échéance ? Et quid des mauvais payeurs ? La seule contrainte est morale : les riches, responsables des dégâts causés à la nature et de la pauvreté dans le monde, doivent payer maintenant.

 

L’écologie marchande ?

Dans  ce qui précède il n’y pas grand-chose de nouveau, les partitions sont connues depuis Rio. La seule innovation aura été l’irruption des capitalistes philanthropes dans la campagne écologique. En contraste avec l’impuissance avérée des Etats et des grandes messes internationales, l’efficacité des moyens et des méthodes des marchands a pu impressionner les participants de bonne foi. On découvrira bientôt que de grandes entreprises ou de petits inventeurs en quête de profit sont en mesure de proposer des produits verts et de restaurer la nature parfois détruite par les techniques industrielles. Les Cops du futur ne se tiendront-elles pas à Davos ? De quoi scandaliser les Verts, les plus déçus de la conférence de Paris.

 

Un succès de marketing politique

En fait, le grand gagnant de la COP 21 aura été François Hollande. Aux dires de Jean Pierre Raffarin, la COP 21 a été une « magnifique opération de marketing politique ». Le Président a braqué les projecteurs sur l’avenir de la planète, il s’est investi personnellement et les élections régionales, dont le PS pouvait tout craindre, ont été reléguées à la deuxième place,  le calendrier a été bien étudié. Ainsi François Hollande a-t-il pu persuader bien des Français que son gouvernement méritait confiance et admiration pour avoir provoqué un accord historique et pour mener la diplomatie mondiale. Rien n’a empêché Obama de son côté de se présenter également comme le sauveur de la COP 21.

Tout cela n’est évidemment que façade et tromperie. La COP repose sur des mensonges : sur la mesure du réchauffement, sur son origine (la croissance des pays riches et émergents), sur son vecteur (le CO2), sur le système économique bâti autour du profit. Chapeau. Cela valait bien une photo.

 

 
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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
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Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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