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La crise est inéluctable

A la différence d’Adam Smith et Turgot qui pensaient que l’activité économique apporte le progrès en permanence, grâce à des adaptations permanentes voulues par le marché, Malthus estime que la crise est inéluctable dans un pays industrialisé.

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FILLON CHOQUE PAR LES MOUVEMENTS DE LA BOURSE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Administrator   
Mardi, 21 Juin 2011 15:33

C’est une petite phrase qui est passé presque inaperçue, mais elle mérite d’être épinglée, comme vient de le faire Philippe Robert dans ses billets d’humeur. Il faut la replacer dans son contexte qui est celui d’un débat à l’Assemblée nationale. François FILLON, ministre des affaires sociales, est interpellé par un député communiste, Jacques DESALLANGRE, sur les plans sociaux. Ne voulant surtout pas paraître approuver pareille infamie, le ministre a cherché à rassurer le député communiste de l’Aisne, par une petite phrase forte, une de celles dont il a le secret : « Je suis choqué comme vous des mouvements de la Bourse, qui semble se réjouir des licenciements ».

Si M. FILLON a voulu peaufiner son image d’homme de gauche – ou de centre-gauche - comme on le voudra, c’est réussi. Mais c’est surtout son incompétence en matière économique qui saute aux yeux et ce petit pas de deux avec les communistes, pour approuver ce qu’ils disent, ne réjouira guère les libéraux de la majorité.

 

Faut-il rappeler au ministre que la bourse ne se réjouit, ni ne se désole. Elle ne fait pas de sentiments - parce qu’elle n’est pas une personne- ; elle constate des faits. Quand une entreprise va mal, voit ses profits décliner, ses investissements se réduire, ses parts de marché être menacées, il est normal que les épargnants cherchent à s’éloigner de cette entreprise et que pour cela ils vendent les actions qu’ils possèdent. Le résultat, c’est que le titre en bourse va baisser. Et si rien n’est fait, si l’érosion des marges ou des ventes se poursuit, si la productivité décline, il est normal que les épargnants soient de plus en plus nombreux à vendre, précipitant la chute du cours. Et si l’entreprise fait faillite, le cours en bourse ne vaudra plus rien, ce qui ne fait que traduire la réalité objective du moment.

 

Par contre si les dirigeants de l’entreprise, peut-être justement alertés par l’évolution en recul du cours des actions, décident de réagir, s’ils veulent faire des gains de productivité, reprendre les investissements, redresser les marges, leur action doit être saluée. Or un plan social -qu’une entreprise ne fait jamais par plaisir, comme par une sorte de sadisme à en croire la gauche- est l’une des façons, souvent la seule, de redresser l’entreprise : l’entreprise gaspillait des facteurs de production, en les utilisant mal, en fabriquant trop cher, en n’étant pas compétitive. En licenciant une partie du personnel, elle se donne les moyens de repartir sur une base saine et de sauver l'entreprise. Si cela doit entraîner 500 suppressions d’emplois -ce qui ne signifie pas toujours des licenciements- pour sauver 10 000 autres emplois, est-ce choquant ? Et si la bourse salue cet effort de redressement en anticipant -c’est son rôle- sur le succès futur de cette opération de sauvetage, est-ce choquant ? La bourse est un thermomètre ; mieux encore, un instrument qui anticipe la situation de demain. Faut-il casser le thermomètre en l’accusant de mauvaises pensées ?

 

Que souhaite M. FILLON ? Faire disparaître la bourse et avec elle le financement libre des entreprises ? Sans doute pas. Mais alors ? Interdire aux épargnants de vendre des titres d’entreprises en déclin et d’acheter des titres d’entreprises qui se développent ou se redressent ? C’est ce qui semble se déduire de sa petite phrase.

Mais cette petite phrase n’est pas anodine. Elle nous choque profondément car elle marque, au mieux, une ignorance abyssale de l’économie et de ses lois les plus élémentaires. Au pire une démagogie ambiante et une peur face à la surenchère communiste. Mais si la droite veut se placer sur ce terrain là, il faut qu’elle sache qu’elle sera toujours battue par la gauche et plus encore par l’extrême-gauche : eux ne reculent devant rien pour flatter leur électorat. La droite devrait simplement examiner les faits et se réjouir avec la bourse lorsque des mesures de redressement sont prises. A moins qu’elle ne se réjouisse quand les entreprises font faillite ; mais qu’elle laisse cette joie à la gauche : c’est son fonds de commerce.

 

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