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LES OPA REVEILLENT LA BOURSE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Administrator   
Mardi, 21 Juin 2011 15:34

Les Offres Publiques d’Achat (OPA) ont mauvaise presse : elles s’apparenteraient aux manipulations les plus condamnables du capitalisme financier. Et la dernière en date, celle de SANOFI contre AVENTIS n’échappe pas aux critiques. Mais la réalité est bien différente. Les OPA ont été inventées pour améliorer la « gouvernance » des entreprises : les gestionnaires sont responsables devant les propriétaires. D’autre part, elles ont pour effet de réveiller la bourse en améliorant l’information et la communication sur les entreprises, dont les cours se rapprochent ainsi au plus près de la réalité.

 

OPA hostile de SANOFI contre AVENTIS

 

Beaucoup de bruit dans le landerneau boursier : il y a de la concentration dans l’air dans l’industrie pharmaceutique. SANOFI-SYNTHELABO vient de lancer une OPA « hostile » contre le laboratoire franco-allemand AVENTIS. Cela signifie qu’elle propose de racheter les titres de AVENTIS pour en prendre le contrôle et remplacer ainsi les actuels dirigeants, tout en unissant les forces des deux entreprises.

L’OPA est qualifiée d’hostile, car les dirigeants d’AVENTIS -ils l’ont d’ailleurs fait savoir officiellement deux jours plus tard- ne sont pas d’accord pour fusionner, en tous cas sûrement pas pour être remplacés par d’autres. Mais ce ne sont pas les dirigeants qui ont à répondre à l’offre de SANOFI : ce sont les actionnaires, tous ceux qui possèdent des actions, même en tout petit nombre : bref c’est monsieur tout le monde, ce qui fait qu’il n’y a pas plus démocratique qu’une OPA. Elles ont d’ailleurs été inventées pour éviter qu’on ne rachète une entreprise peu à peu en bourse, de manière quasi-clandestine, et pour rendre public ce désir de devenir actionnaire majoritaire dans une entreprise : l’OPA est donc une mesure qui vise à « moraliser » la bourse.

Ce que l’on a du mal à comprendre, c’est qu’il s’agit avant tout d’un transfert -volontaire- de propriété. Les actionnaires sont en effet les co-propriétaires de l’entreprise. Une partie d’entre eux s’est entendue, lors de l’assemblée générale, pour diriger le groupe et le fait habituellement avec une majorité relative ; ils ont donc désigné les actuels dirigeants d’AVENTIS. Or ceux-ci n’ont pas géré l’entreprise de manière optimale : la preuve, c’est que le cours en bourse se traîne à des niveaux relativement faibles : en tous cas il a été jugé sous évalué par rapport aux potentialités de l’entreprise par les dirigeants de SANOFI.

 

Un groupe de taille mondiale

 

Ceux-ci proposent donc aux actionnaires d’AVENTIS soit d’échanger leurs actions contre des actions SANOFI (6 actions AVENTIS contre 5 actions SANOFI et 69 euros en numéraire), soit de les vendre à un prix supérieur à celui du marché : 60,43 euros soit 14,3% de plus que le dernier cours avant l’annonce de l’OPA et 15,2% de plus que le cours moyen du dernier mois. Mais pourquoi SANOFI offre-t-elle un prix supérieur au dernier cours en bourse ? Parce qu’une entreprise n’a pas une valeur en soi, donnée une fois pour toute. Sa valeur dépendra largement de ce qu’en fera le propriétaire : si la firme est bien gérée elle vaudra plus que si elle est médiocrement gérée. Et le calcul des dirigeants de SANOFI, c’est qu’ils sauront mieux gérer AVENTIS que ses actuels dirigeants et en outre que la conjonction des forces des deux entreprises fera une nouvelle entreprise plus efficace que les deux séparées.

Car c’est pour constituer un groupe à l’échelle mondiale que cette proposition est faite. Cela représenterait un chiffre d’affaires de 25 milliards d’euros, et 5% du marché mondial (9% en Europe, 4% du marché américain, 2% du marché japonais : soit dit en passant on est loin du risque monopolistique mis en avant par certains syndicats). Cela donnerait une entreprise située au troisième rang mondial en termes de recherche et développement, ce qui n’est pas rien.

La théorie des droits de propriété permet de comprendre ce qui se passe. Pour être efficaces, les droits de propriété doivent être exclusifs : cela permet à celui qui possède la majorité et qui dirige de gérer au mieux de ses propres capacités. Mais un autre peut gérer mieux que lui ou en tous cas peut croire qu’il gérera mieux que lui. Voilà pourquoi les droits de propriété doivent être transférables et pouvoir passer de main en main si celui qui possède le titre à un moment souhaite vendre. Voilà pourquoi celui qui fait l’OPA peut offrir un prix supérieur au prix actuel en bourse : parce qu’il espère pouvoir mieux valoriser l’entreprise dans ses mains.

 

Les OPA dynamisent la bourse en révélant les valeurs cachées

 

Bien entendu, on va maintenant entrer dans une période intense de communication. Car le groupe qui est attaqué (AVENTIS) va affirmer que l’entreprise en réalité vaut encore plus que ce que ne dit SANOFI ; que c’est par manque de communication que les opérateurs en bourse n’avaient pas coté l’entreprise à sa vraie valeur : donc le message est qu’il faut refuser l’OPA. Gageons que, si c’est le cas et si les actionnaires hésitent, le groupe acheteur (SANOFI) va faire une offre plus élevée et plus intéressante, persuadé de pouvoir faire une gestion encore meilleure, valorisant mieux l’entreprise. Au total, on va assister à une intense campagne médiatique, déjà commencée.

D’autres aspects tactiques peuvent intervenir, comme le « chevalier blanc » qui est un groupe ami d’AVENTIS qui ferait une contre proposition plus alléchante pour que l’entreprise ne tombe pas dans les mains de SANOFI, mais plutôt, à choisir, dans des mains amies. Tout cela est un jeu de communication essentiel, qui permet de mieux connaître la réalité de l’entreprise et, pour les épargnants, de juger en connaissance de cause des arguments des uns et des autres.

Voilà pourquoi en général les OPA réveillent la bourse, car elles tendent à faire monter le cours du titre qui fait l’objet de l’OPA. Mais surtout, par ricochet, elles font évoluer tous les cours des actions vers la hausse : en effet, une entreprise qui voit son titre à des cours bas par rapport à sa valeur réelle risque à son tour de faire l’objet d’une OPA, puisqu’il y a une marge de manoeuvre pour un éventuel acheteur. Elle a donc intérêt à mieux communiquer sur la réalité de sa situation, sur ses perspectives, sur sa stratégie, pour inciter les épargnants à acheter ce titre et donc pour faire monter le cours au-delà de la zone où l’entreprise est « opéable ».

Pour conclure, deux remarques : d’une part personne ne sait comment se terminera l’OPA en cours : ce sera aux actionnaires-propriétaires de décider librement en fonction des informations fournies. Il est bon qu’ils disposent ainsi d’une totale liberté de choix. D’autre part les Opa permettent d’assurer en bourse la mobilité du capital et de remplacer des équipes qui végètent par des équipes plus dynamiques, tout en assurant les regroupements nécessaires à l’économie. Tout cela nous semble très moral : le droit de propriété appelle un devoir de propriété.

 

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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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