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Le monétarisme de l’école de Chicago

« L’anti-Keynes » : ainsi a-t-on qualifié Milton Friedman, bien que Keynes ait été contesté dès les années 1930 par l’école autrichienne.

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Donner la parole au peuple PDF Imprimer Envoyer
Écrit par La rédaction   
Jeudi, 07 Juin 2012 01:00

C’est un excellent slogan de Nicolas Sarkozy, puisqu’il reconnaît au moins que le peuple n’a pas son mot à dire dans la démocratie française. Mais comment donner la parole au peuple ?

Les candidats de gauche se réfèrent volontiers à la « démocratie participative », Madame Royale en avait fait son thème favori en 2007. Les discours populistes reprennent volontiers l’antienne. C’est un argument bien rôdé, Maurras distinguait « le pays réel » et le « pays légal ». Mais aussi bien Michel Rocard était-il partisan de l’autogestion et de la planification décentralisée, grand rêve des soixante huitards. Ces idées sont en fait très ambiguës :

s’il s’agit de dire que la société politique a peu à peu écrasé, éliminé, la société civile, et qu’il serait bon d’en revenir au principe de subsidiarité, qui réduirait l’Etat et le pouvoir politique à un simple rôle « subsidiaire », je dis : vive la participation ;

•s’il s’agit d’instaurer des instances et des carrefours à tous les coins de rue, en multipliant les occasions données à des incompétents, et non élus, de parler au nom du « collectif », je suis bien opposé à la participation. Le bavardage politique est un défoulement pour un très grand nombre de prophètes sociaux ou de dictateurs de quartier, il n’a rien à voir avec la démocratie, qui est ordonnée et responsable. 

Alors, la grande alternative devient le referendum, et c’est l’un des axes de la campagne du président candidat. Il lui a été gentiment opposé que d’une part le recours au referendum existe déjà dans la Constitution de la Vème République (article 11), et que d’autre part non seulement il n’y a pas recouru, mais le vote du peuple français contre la Constitution Européenne (en 2005) a été annulé par le Parlement français en décembre 2007 lorsque le Parlement a adopté le traité de Lisbonne, qui reprenait les dispositions les plus lourdes de la Constitution rejetée. Quand le referendum ne plaît pas au pouvoir, il sait s’en passer.

D’ailleurs, en quoi consiste le referendum « à la française » (on pourrait dire : à la gaullienne) ? L’article 11 en donne l’esprit dominant : c’est le Président de la République qui en prend l’initiative. La parole n’est pas au peuple, elle est au Président qui demande à « son » peuple de se prononcer, sur une question qu’Il a posée, et à laquelle Il donne la réponse. On assimile à juste titre un tel referendum à un plébiscite.

Il est vrai que l’on a voulu amender le caractère absolutiste du referendum. Des réformes constitutionnelles (Comité Balladur) ont conduit en 2008 à introduire le « referendum d’initiative minoritaire ». un referendum à l’initiative d’une minorité de parlementaires (un cinquième) mais soutenue par une pétition populaire nationale signée par un dixième des électeurs français –soit 4 millions et demi, excusez du peu). Encore le Président de la république doit-il intervenir pour décider de la tenue du referendum. A propos de la pétition, qui a le mérite d’être en principe à l’initiative du peuple, elle a été reconnue par l’article 72-1 au niveau local, mais ne peut concerner que des affaires municipales. C’est une bien maigre « parole » laissée au « peuple ».

Ainsi, en France, le referendum vient « d’en haut ». Ainsi conçu, on ne voit pas le pouvoir qu’il donne aux citoyens de s’exprimer librement sur des sujets de leur choix. . En France la démocratie est « représentative » ou n’est pas. Les citoyens doivent se contenter d’élire des représentants, qui n’ont même pas de mandat impératif, et peuvent voter des lois dont leurs électeurs ne voudraient  pas. Seuls les représentants ont la parole, et parmi les représentants seuls les dirigeants et leurs administrations ont la parole.

Mise à jour le Jeudi, 27 Septembre 2012 13:57
 

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