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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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Après la Démocratie
Après avoir écrit sur « l’empire américain », Emmanuel Todd récidive en dénonçant « l’empire du néolibéralisme et du libre échange » : Après la Démocratie, Gallimard.
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Couverture du livre Après la Démocratie
Catégorie: Année 2009
Auteur: Emmanuel Todd
Editeur: Gallimard
Année: 2009
Visites: 7194
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Commentaire
Ecrit par Bogdan Calinescu

Je prends le risque d’être considéré comme un malade mental. D’après le démographe Emmanuel Todd, ceux qui sont attachés au « dogme » du libre échange souffrent d’une maladie mentale et probablement de schizophrénie. Dans la grande majorité des cas, les malades mentaux ne sont pas conscients de leur maladie et considèrent que ceux qui les entourent sont en réalité les vrais malades. Difficile de savoir dans ce cas précis quel est le vrai malade. Ce qu’on peut dire par contre c’est que Todd propose le protectionnisme au niveau européen. En collaboration avec l’Allemagne (la Grande-Bretagne serait exclue car trop attachée au libre échange), l’UE fermerait ses frontières. Pourquoi ? Parce que les causes de la situation actuelle  - chômage, exclusion, baisse du pouvoir d’achat – seraient la mondialisation, la liberté du commerce, le « néolibéralisme ». L’auteur se trompe pour tout : pour le constat, les causes et les remèdes.

Prenons d’abord le constat. Laissons de côté à satiété du mot « néolibéral » qui est devenu une obsession pour les intellectuels et les journalistes antilibéraux. Nous avons déjà l’occasion d’expliquer ici même que ce mot ne veut rien dire et accuser l’UMP et Sarkozy de faire une politique « néolibérale » revient à dire que Thatcher était marxiste. Il est faux aussi de dire que notre pouvoir d’achat baisse et que les inégalités s’aggravent. Bien entendu, si  on prend les statistiques sur une période courte (2004-2005 par exemple), les données peuvent montrer une stagnation, voire une petite baisse. Mais sur une longue période, de 15 à 30 ans, notre vie n’a cessé de s’améliorer, notre patrimoine a augmenté. Les statistiques sont formelles.

Ecrire aussi que les problèmes économiques et sociaux seraient dus au libre échange et au « néolibéralisme » relève d’une inculture économique totale. La France qui est le pays analysé a connu une politique socialiste au début des années 1980 qui l’a amenée au bord de la faillite ensuite des politiques économiques « mixtes » mais capitalistes qui l’ont maintenues parmi les pays riches mais en prenant beaucoup de retard par rapport à certains voisins et surtout par rapport aux Etats-Unis. Mais jamais elle n’a mené une politique libérale : l’Etat confisque plus de 50 % de la richesse produite par les Français.

Pour ce qui est remèdes, là aussi il y a un problème. Todd propose donc un « protectionnisme européen ». Comment ? Sur quels produits ? Sur le capital et les individus aussi ? Arrêter la libre circulation des marchandises et des gens est de la pure utopie. Mais les intellectuels de gauche ne sont-ils pas les plus forts dans ce domaine ? Ce qui m’a toujours impressionné chez eux c’est le mépris des êtres qu’ils sont censés défendre. Todd se veut comme tous les intellos gauchisants, le défenseur des classes populaires. Or, supprimer le libre échange c’est condamner les classes populaires. Contrairement à ce qu’il soutient, ce sont les plus pauvres qui ont profité du libre échange en achetant des produits bon marché. Ce n’est pas l’intellectuel bobo qui va faire ses courses dans les zones industrielles chez Lidl ou chez Stockomani où l’ont peut acheter des jus d’orange à 0.95 euros les 2 litres ou des pantalons pour enfants à 2.95 euros. Il est vrai, ces produits sont fabriqués en Chine ou ailleurs dans le tiers monde. Mais je souhaite bon courage à notre intellectuel lorsqu’il faudra expliquer à la mère de famille, ouvrière, qui fait ses courses là, que tout cela doit disparaître et cela pour son bien !

Emmanuel Todd est en réalité un nouveau fabricant de chandelles. Il devrait lire le texte de Bastiat écrit en 1845 et intitulé « La pétition des fabricants de chandelles » et peut-être qu’il changera d’avis…

« Nous subissons l'intolérable concurrence d'un rival étranger placé, à ce qu'il paraît, dans des conditions tellement supérieures aux nôtres, pour la production de la lumière, qu'il en inonde notre marché national à un prix fabuleusement réduit ; car, aussitôt qu'il se montre, notre vente cesse, tous les consommateurs s'adressent à lui, et une branche d'industrie française, dont les ramifications sont innombrables, est tout à coup frappée de la stagnation la plus complète. Ce rival, qui n'est autre que le soleil, nous fait une guerre (si) acharnée […] Nous demandons qu'il vous plaise de faire une loi qui ordonne la fermeture de toutes fenêtres, lucarnes, abat-jour, contre-vents, volets, rideaux, vasistas, œils-de-bœuf, stores, en un mot, de toutes ouvertures, trous, fentes et fissures par lesquelles la lumière du soleil a coutume de pénétrer dans les maisons, au préjudice des belles industries dont nous nous flattons d'avoir doté le pays, qui ne saurait sans ingratitude nous abandonner aujourd'hui à une lutte si inégale. […] Et d'abord, si vous fermez, autant que possible tout accès à la lumière naturelle, si vous créez ainsi le besoin de lumière artificielle, quelle est en France l'industrie qui, de proche en proche, ne sera pas encouragée ? »

Date d'insertion: Vendredi, 12 Juin 2009 17:17

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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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