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Lettre hebdomadaire (40 numéros) qui est dans sa 31ème année : c’est le commentaire libéral de l’actualité économique, sociale et politique, en toute indépendance. C’est aussi une source d’information sur les idées de la liberté dans le monde entier. Editorial de Jacques Garello, chronique de conjoncture de Jean Yves Naudet, rubriques d’actualité, revue des livres, dossiers.

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Revue des livres

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Confessions d’un banquier pourri
Sous le nom de Crésus, un écrivain s’est mis à la place d’un banquier qui déballe tout. Les effets recherchés – le scandale et l’indignation – ont été obtenus au prix d’une déformation du système bancaire.
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Couverture du livre Confessions d’un banquier pourri
Catégorie: Année 2009
Auteur: Crésus
Editeur: Fayard
Année: 2009
Visites: 7605
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Commentaire
Ecrit par Bogdan Calinescu

Il était une fois un banquier véreux qui décide de tout dire. Il prend sa plume et raconte le monde dans lequel il travaille depuis 25 ans et qui s’est écroulé en septembre 2008. Trop beau pour être vrai. En tout cas, le narrateur raconte son histoire à la première personne, il affirme être un ancien dirigeant d’une (très) grande banque française qui a décidé de se repentir à travers l’écriture. Tous les ingrédients des confessions sont présents : le style, le cadre d’une vie familiale et professionnelle, les indiscrétions, les secrets de l’intérieur dévoilés. Le lecteur est en effet happé par la narration qui commence quelques semaines seulement avant la chute de la banque Lehman Brothers. Mais la volonté acharnée du narrateur de faire passer la banque en général et les banquiers en particuliers pour un monde complètement pourri et irrécupérable ne résiste pas à l’analyse. Oui, dans la crise actuelle, de nombreux banquiers ont fait de grosses bêtises en commençant par les dirigeants de Lehman Brothers. Le récent ouvrage A Colossal Failure of Common Sense. The Inside Story of the Collapse of Lehman Brothers de Lawrence G. McDonald et Patrick Robinson (Crown Business) décrit comment la banque a sombré en quelques mois, suite aux investissements hasardeux dans l’immobilier, incité par les yo-yo des taux d’intérêt jusqu’à ce que les actifs représentent 30 fois les valeurs boursières. Au printemps 2008, la Banque (les dirigeants) refuse d’ailleurs les propositions de rachat faites par la Korea Development Bank et la China’s Citic. « Too big to fail », ont-ils pensé… De là à faire passer tous les banquiers pour des salauds…

Pourtant, le livre est parsemé de pages très intéressantes sur les relations incestueuses entre l’Etat et les banques privées, entre les Banques centrales et le monde privé. Le narrateur rappelle aussi les origines de la crise qui proviennent de l’inconscience des politiques américains qui ont facilité les prêts immobiliers aux familles insolvables en couvrant les organismes parapublics, Fannie Mae et Freddie Mac. « En décembre 2007, année où on aurait encore pu inverser le cours de l’histoire, ces deux sociétés bénéficiaient de la meilleure note de crédit accordée par les agences de notation Standard : Poor’s, Moody Fitch… Néanmoins, le 29 novembre 2007, en une seule journée, Freddie avait perdu 29 % de sa valeur et Fannie 25 %. Mais ni la SEC – chargée à Wall Street de contrôler la sincérité des comptes des entreprises -, ni la FED – la Banque centrale américaine responsable de la monnaie -, ni le secrétaire au Trésor n’avaient réagi. » Pour notre narrateur, la raison de cet aveuglement tiendrait au fait que tous croiraient à… l’autorégulation du marché. Ce serait trop beau et on n’en serait pas là. C’est exactement le contraire ce qui se passe avec Fannie Mae et Freddie Mac, c’est que l’Etat américain prend à sa charge les pertes car c’est lui qui les incite à prêter sans regarder. Si l’on avait laissé le marché libre, cela fait bien longtemps que ces organismes auraient disparu.

Dommage que les pages consacrées aux inspecteurs des finances de Bercy ou à ceux qui ont pantouflé dans les banques privées ne soient pas plus nombreuses. Une rencontre entre le narrateur et Xavier Musca, directeur du Trésor, est racontée vers la fin de l’ouvrage mais elle se noie dans les autres histoires. Les catastrophes dans les banques françaises du début des années 1980 ont été trop vite oubliées ainsi que les coupables, ces inspecteurs des finances, la caste des intouchables. En conclusion, pour le banquier – coupable et victime de la crise – « l’heure de vérité du capitalisme est arrivée ». Raccourci facile et naïf de la part d’un banquier. Au sein du système, n’a-t-il pas remarqué que c’est bien le marché qui a révélé le ver dans le fruit ?

Date d'insertion: Vendredi, 02 Octobre 2009 17:44

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