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Publication trimestrielle depuis plus de 40 ans, le Bulletin rend compte de la vie de l’ALEPS mais il propose aussi dans chacun de ses numéros plusieurs études de ses administrateurs, dont Fred Aftalion, Axel Arnoux, Jacqueline Balestier, Jean Philippe Feldmann, Georges Lane, Bertrand Lemennicier, Pascal Salin, Patrick Simon.

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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Des barricades ou des réformes ?
Excellente initiative des Editions Alphée-Jean-Paul Bertrand de publier, 40 ans après, l’analyse faite en juin 1968 par Alain Griotteray devant les députés Républicains Indépendants des événements du mois de mai.
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Couverture du livre Des barricades ou des réformes ?
Catégorie: Année 2008
Editeur: Editions Alphée-Jean-Paul Bertrand
Année: 2008
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Commentaire
Ecrit par Bogdan Calinescu

Au fait, c’était quoi Mai 68 ? Pour Alain Griotteray, la crise du mois de mai est en réalité une succession de trois crises. Il y a eu d’abord la crise étudiante, à partir du 3 mai lorsque, suite à la décision du doyen Grappin de fermer la faculté des lettres de Nanterre, les groupes gauchistes (Mouvement du 22 mars de Cohn-Bendit, trotskistes de la Jeunesse communiste révolutionnaire et prochinois de l’Union des jeunes communistes marxistes-léninistes) déclenchent les troubles dans le Quartier latin. Quelques dizaines d’agitateurs (comme souvent lors des manifestations des étudiants) réussirent à occuper Nanterre et à influencer les autres. Griotteray le reconnaît volontiers : il existait bien un malaise dans les universités. Des étudiants mal encadrés, des filières universitaires inutiles, des créations trop rapides d’établissements universitaires, l’inadaptation des programmes, la démocratisation de l’enseignement universitaire ont eu des conséquences négatives sur l’Université. Mais ceci n’explique pas cela. Car pour ces étudiants « révolutionnaires », Che Guevara et Régis Debray sont les héros à imiter et les révolutions marxisantes et le pacifisme anti-américain, les idéologies à faire gagner.

Durant cette première crise, et contrairement à ce qu’on a pu dire, la police s’est comportée de manière exemplaire : « Il y a eu plus de blessés graves dans les cinq jours d’émeutes à Zurich qu’au cours de toutes les manifestations à Paris ». Par ailleurs, le PC reste discret à ce moment-là car la révolte est menée par des forces qu’il déteste. C’est au cours de la deuxième phase, celle de la « crise sociale », qu’il intervient. Le 14 mai, les ouvriers de Sud-Aviation se mettent en grève, occupent l’usine et séquestrent le directeur. Le 15, c’est le tour de Renault-Cléon. Le conflit se durcit, des groupes trotskistes et prochinois dirigent les grévistes. Craignant d’être débordée, la CGT appelle ses militants à se mobiliser. Avec l’aide du PC, le syndicat reprend les choses en main.

Quelles étaient les causes de cette crise dans un contexte économique favorable avec « seulement » 400 000 chômeurs ? Pour Griotteray, on s’est trouvé en présence d’un double phénomène de contagion collective qui est parti des étudiants pour contaminer le monde ouvrier. Une « spontanéité de masse » provoqué par un « maître du jeu ». La paralysie du pays débouche sur les négociations du 25 mai et sur un protocole d’accord donnant aux travailleurs des satisfactions largement supérieures aux capacités économiques du pays.

Dès le 27 mai, la crise devient politique. Le pouvoir est contesté, on parle de changements importants. Le Premier ministre avait été absent entre le 1er et le 11 mai, ensuite c’est le chef de l’Etat qui disparaît. Ce dernier n’intervient que le 24 mai et son discours est décevant. Il parle de la participation alors qu’on l’attendait avec un discours sur le maintien de l’ordre. Annoncer un référendum c’était une bonne chose sauf que cela différait de plusieurs semaines la résolution du conflit. Les communistes refusent le référendum et essaient de prendre le pouvoir comme au bon vieux temps du coup de Prague tandis que le tandem Pierre Mendès-France - Mitterrand souhaite plutôt gagner du temps. La situation est trouble et très instable.

C’est le sursaut du 30 mai – qu’on occulte complètement aujourd’hui - qui empêche la formation d’un gouvernement avec des communistes très forts qui auraient pu imposer leur politique.

Au-delà de la lucidité du constat, l’analyse de ces journées d’une « guerre civile froide » incite à une conclusion pessimiste. « Les années passent. Quarante ans plus tard l’objectif de Mai 68 est atteint », écrit avec amertume Alain Griotteray. Amoralisation de la société, des jeunes sans repères, idéologisation des discours, une école détruite, violence et guerre des rues, acculturation, tous les ingrédients sont là. Pour s’en débarrasser il faudra de grande réformes en France…

 

Date d'insertion: Vendredi, 06 Juin 2008 17:15

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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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