Commandez

Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Ce livret destiné à des militants libéraux avait deux objectifs : d’une part, rappeler le contenu du contrat que des candidats libéraux devraient passer avec les électeurs, d’autre part, imaginer deux scénarios de l’alternance : la gauche reconduite en 2002 et en 2007, mais devenue libérale, ou la droite au pouvoir en 2002 et pour longtemps. En fait, la droite a gagné en 2002, mais le scénario « Thatcher » n’a jamais fonctionné, et la gauche reprend le pouvoir en 2012 !

21 pages, gratuit

Bulletin de commande

Portait

Le fondateur de l’école autrichienne

Carl Menger est souvent associé à Stanley Jevons et Léon Walras comme l’un des piliers de la « révolution marginaliste » qui a fait rupture avec le classicisme anglais de Ricardo et Mill. Il est vrai qu’il cherche, comme ses contemporains, à rendre compte de la rationalité des choix individuels.

Lire la suite...
liberté | responsabilité, Developpement Omnis Coloris
Revue des livres

Retour à la racine > Année 2008

De quoi Sarkozy est-il le nom ?
C’est le nouveau Sartre sans son talent. C’est le philosophe dont tout le monde a peur. C’est l’intellectuel à la mode choyée par les médias. C’est Alain Badiou, auteur surtout d’un retentissant De quoi Sarkozy est-il le nom ?
PDF Imprimer
Couverture du livre De quoi Sarkozy est-il le nom ?
Catégorie: Année 2008
Auteur: Alain Badiou
Editeur: Nouvelles Editions Lignes
Année: 2007
Visites: 6632
Avis des utilisateurs:  / 0
MauvaisExcellent 
Commentaire
Ecrit par Bogdan Calinescu

Ce qui nous intéresse ici ce n’est pas cet ouvrage publié il y a exactement un an et qui suscite toujours l’intérêt des médias et du public mais le contenu de la pensée de ce philosophe. Autant le dire tout de suite, c’est un intellectuel engagé, sartrien. Professeur à l’Ecole Normale Supérieure, auteur de nombreux livres, il se veut le défenseur des opprimés, des pauvres et autres damnés de la terre. Vous l’avez deviné, ils sont tous victimes du libéralisme et de l’oppression policière et économique. Sarkozy est le représentant principal de cette persécution en instaurant un régime pétainiste « soft ». « La violence est au présent, écrit Badiou, nous vivons dans une société de violence ». Les travailleurs en sont les victimes, les sans-papiers ainsi que les jeunes en général.

Badiou est nostalgique. Il regrette mai 68, ses barricades, sa révolution. Il était maoïste mais se « battait » aussi pour des libertés (dans la société occidentale bien évidemment). Il croit à la prochaine révolution qui rassemblera des jeunes, des intellectuels, des ouvriers, des gens de provenance étrangère, les nouveaux sans-culotte. Ils chanteront tous l’Internationale et se battront pour la nouvelle société. Faut-il encore le préciser ? Ce nouveau monde sera « le vrai communisme », celui qui « nous délivrera de la règle des intérêts ». « Une société dans laquelle ce qu’on cherche, ce qu’on fait et ce qu’on veut n’est pas réglé de bout en bout par les intérêts individuels ou les intérêts de groupe ».

Pour Badiou, le communisme est aussi « la société où tout le monde est polyvalent. C’est-à-dire où il n’y a pas de division du travail organisée entre ceux qui sont intellectuels, riches, etc… et ceux qui sont en bas ». « C’est une société où tout le monde fait un peu toutes choses ». On sera donc tous logés à la même enseigne. C’est ce que disaient tous les dictateurs communistes : il n’y aura plus de division du travail, plus de méchants capitalistes, plus d’exploiteurs ni d’exploités. A ce sujet, une blague circulait dans les pays anciennement communistes : le communisme c’est la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme et vice-versa.

Badiou est quand même assez malin pour ne pas nier le goulag et les dizaines de millions de cadavres laissés par le communisme. Il affirme que ces crimes sont le résultat de « l’insurrection permanente » qui n’a plus lieu d’arriver aujourd’hui. « Nous ne sommes plus en 1917 ». Il faut revenir à ce qu’il appelle le « communisme générique », le communisme comme « idée régulatrice de l’action ». Il ne veut pas d’un « homme nouveau ». Il croit aux hommes « tels qu’ils sont ». Il les croit capables de « désintéressement » donc de se débarrasser du capitalisme. Le communisme leur proposera une organisation sociale qui a « d’autres buts que celui de la perpétuation de la puissance ».

Faut-il s’inquiéter de ce nouveau Robespierre de la pensée ? Ses séminaires attirent jusqu’à 400 personnes, un « fan-club » a été créé rassemblant des dizaines de professeurs de lycée et d’universités (pauvre Education nationale); il est le chouchou des médias qui en font « un intellectuel révolté », un défenseur des pauvres écrasés par le libéralisme économique. Ses cibles sont classiques : le capitalisme et la société industrielle vus comme des facteurs d’aliénation, le monde dominé par les Etats-Unis, le « pays-exploiteur » par excellence.

Il est aimé parce qu’il fait revivre les idéologies et les utopies. En 1994, Badiou publiait un ouvrage intitulé Ethique qui eut un succès de longue durée. Il y visait la « fin des idéologies » et critiquait les « dangers de la démocratie » : « Aujourd’hui, la démocratie n’est rien d’autre qu’un outil de propagande du capitalisme ». Il affirmait clairement « croire aux vertus émancipatrices de la Terreur ».

Alain Badiou est l’intellectuel de l’idéologie totalitaire et il ne s’en cache pas. Ses lectures préférées : Robespierre, Mao et Lénine. Son engagement est tel qu’on ne saurait imaginer quel rôle il jouerait dans un pays communiste : intellectuel au service du pouvoir ou bourreau du goulag ?

 

Date d'insertion: Vendredi, 14 Novembre 2008 22:19

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
:
Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


Acheter le numéro

Revue des Livres